Le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sont arrivés dimanche à Singapour à deux jours de leur sommet historique, dont l'issue s'annonce incertaine après des décennies de défiance et de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Le sommet de mardi, inédit entre un président américain et un leader nord-coréen, pourrait lancer la dénucléarisation de la Corée du Nord et marquer la fin de son isolement. La rencontre entre les deux hommes est prévue dans le luxueux hôtel Capella, situé sur la petite île singapourienne de Sentosa.

L'avion présidentiel Air Force One s'est posé peu avant 20 h 30 (8 h 30 HAE), quelques heures après l'arrivée dans la cité-État de l'homme fort de Pyongyang.

Rencontre officielle pour Kim Jong-un

Le leader nord-coréen est quant à lui arrivé à l'aéroport Singapour-Changi, à bord d'un Boeing 747 de la compagnie Air China, selon le quotidien Straits Times.

À sa descente d'avion, peu après 14 h 30 heure locale (2 h 30 HAE), l'homme fort de la Corée du Nord a été accueilli par le chef de la diplomatie du gouvernement de Singapour, Vivian Balakrishnan. Il s'est par la suite entretenu avec le premier ministre de la cité-État, Lee Hsien Loong.

Donald Trump devra attendre à lundi avant de s’entretenir avec le premier ministre du Singapour. Le président américain se rendra directement au Ghangri-La Hotel, où il résidera durant tout son séjour.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, le chef de cabinet de la Maison-Blanche John Kelly ainsi que sa porte-parole Sarah Sanders font partie de la délégation américaine.

« Mission de paix », selon Trump

À son départ du Sommet du G7, le président américain s'est montré optimiste, se disant en « mission de paix ».

« Nous allons porter les cœurs de millions de gens, du monde entier. Nous devons obtenir une dénucléarisation. Il faut démarrer quelque chose. Nous croyons vraiment que la Corée du Nord sera un endroit formidable très bientôt », a-t-il clamé samedi, au cours d’une conférence de presse, avant de rejoindre son avion présidentiel pour un trajet de plus de 20 heures, vers Singapour.

Si le président Trump a indiqué avoir « l’impression » que le dirigeant nord-coréen voulait « faire quelque chose d’important pour son peuple », il n’a pas manqué de mettre de la pression sur Kim Jong-un.

« Cette occasion unique […] ne se représentera jamais », a-t-il précisé.

L’élu républicain s’est également targué de rapidement deviner s’il arrivera à ses fins en observant le jeune dirigeant nord-coréen. Ce dernier serait, selon lui, une « personnalité vraiment méconnue », mais qui pourrait « surprendre agréablement ».

« Combien de temps faudra-t-il pour voir s'ils sont sérieux ou non? Je pense peut-être dès la première minute », a-t-il assuré, en mettant de l’avant sa « touche personnelle ».

En territoire inconnu

« Nous sommes en territoire inconnu dans le sens le plus vrai [de cette expression]. Cela n'a jamais été fait, cela n'a jamais été testé. Nous y allons donc avec un esprit vraiment positif », a-t-il souligné, avant de tempérer les espoirs que suscite une telle journée.

« Qui sait? Cela ne marchera peut-être pas. Il y a une forte chance que cela ne marche pas. Et une chance plus forte que cela prenne un certain temps. Ce sera un processus », a-t-il admis, tout en disant espérer « que nous nous serons appréciés l'un l'autre ».

Un temps annulé, ce sommet prévu entre Donald Trump et Kim Jong-un est historique. Jamais un président américain en exercice n'a négocié en direct avec un héritier de la dynastie des Kim au sujet d’une possible dénucléarisation de la Corée du Nord.

Mesures de sécurité renforcées

Les mesures de sécurité ont été renforcées en prévision de sa rencontre avec Donald Trump. Il s'agit du premier déplacement du chef nord-coréen dans un pays autre que la Chine ou la Corée du Sud depuis son arrivée au pouvoir, fin 2011, souligne Kim Doo-hyun, qui enseigne les techniques de protection des personnalités à l'Université nationale sud-coréenne du sport.

En plus d'utiliser des véhicules blindés, les Nord-Coréens devraient mettre en place « une échelle de protection sans précédent, au sol, en mer et dans les airs », estime Chae Kyou-chir, le directeur général de Top Guard, l'une des principales entreprises sud-coréennes de sécurité et de protection.

En vue du sommet, l'espace aérien de Singapour sera restreint temporairement pendant trois jours, selon un document de l'Organisation internationale de l'aviation civile et de l'Administration américaine de l'aviation civile.

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