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Donald Trump menace Steve Bannon de poursuites judiciaires

Les avocats de Donald Trump ont prévenu qu'ils étaient prêts à poursuivre l'ex-conseiller Steve Bannon pour ses propos, rapportés dans un livre, qui dépeignent le président américain comme un incompétent et qui accusent son entourage d'avoir entretenu des liens forts avec la Russie au cours de la présidentielle de 2016.

Les avocats du président Trump affirment que Steve Bannon a trahi sa parole en dévoilant des détails au sujet de Donald Trump, de sa famille et de la campagne présidentielle de 2016, et préviennent qu'une action légale « est imminente » pour cause de diffamation.

Les avocats ont également fait parvenir une mise en demeure au journaliste et auteur Michael Wolff, qui a recueilli les propos de M. Bannon pour la rédaction du livre sur les coulisses de l'administration américaine. Intitulé Le Feu et la fureur : à l'intérieur de la Maison-Blanche, l'ouvrage promet d'être explosif.

Des extraits reposant sur le témoignage de Steve Bannon ont été dévoilés plus tôt cette semaine. L'ex-conseiller y mentionne que le fils du président américain, Donald Trump fils, a commis une « trahison » en rencontrant une avocate russe qui offrait des informations compromettantes sur Hillary Clinton, alors candidate démocrate à la présidence des États-Unis.

Selon M. Bannon, cette rencontre qui impliquait également la présence du gendre et proche conseiller du président, Jared Kushner, ainsi que son directeur de campagne, Paul Manafort, s’est déroulée dans la Trump Tower de New York, sans la présence d’avocats.

Il présente aussi M. Trump comme un homme inapte à gouverner, pris de court par sa propre victoire le soir du 8 novembre 2016.

Les avocats du clan Trump ont demandé à l'éditeur de M. Wolff, Henry Holt, de « cesser immédiatement et de s'abstenir de toute autre publication ou diffusion du livre, d'extraits et de résumés de son contenu ». Ils ont également exigé un exemplaire complet du livre.

Ils pourront se le procurer dès vendredi matin, puisque l'éditeur Henry Holt a annoncé qu'il devançait la parution de l'ouvrage de quatre jours, ce qui coïncidera avec une entrevue télévisée de l'auteur Michael Wolff à l'émission du matin du réseau NBC.

Qui dit vrai?

Le président Trump a dénoncé un contenu « plein de mensonges ».

Michael Wolff, connu notamment pour la publication d'une biographie sur le magnat des médias Rupert Murdoch, affirme s'être entretenu avec M. Trump et plus de 200 proches collaborateurs pour la préparation de son livre.

Or, selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, les extraits diffusés sont « truffés d'informations incorrectes ». Qualifiant l'ouvrage de déchet au cours d'un point de presse, Mme Sanders a indiqué que l'ouvrage comportait des erreurs factuelles évidentes, comme la rumeur voulant que M. Trump ne connaissait pas John Boehner, une figure éminente du Parti républicain, avant d'accéder à la présidence.

« C'est ridicule, vous le savez », a-t-elle lancé aux journalistes présents. « Vous avez vous-mêmes ''tweeté'' et souligné à plusieurs reprises que le président connaît bien M. Boehner, et la majorité d'entre vous avez vu les photos où ils jouent au golf ensemble », a-t-elle précisé.

Mme Sanders a aussi souligné que d'autres erreurs grossières s'étaient glissées, notamment sur l'âge attribué à certains témoins. Pour la porte-parole, le fait qu'il y ait des « erreurs » sur des « faits facilement vérifiables » devrait suffire à laisser planer un doute quant à la qualité de l'ouvrage de M. Wolff.

« Ce livre est un ramassis d'erreurs [...] rédigé par un auteur que personne ne connaissait avant aujourd'hui », a-t-elle martelé.

« Tout ceci est triste et pathétique. Notre administration préfère se concentrer sur les choses qui peuvent permettre à notre pays d'aller de l'avant », a ajouté Mme Sanders.

La porte-parole n'a pas non plus mâché ses mots pour décrire la démarche de Steve Bannon auprès de M. Wolff, remettant directement en question sa crédibilité. Elle a notamment invité le groupe Breitbart, un média ultraconservateur dirigé pendant plusieurs années par M. Bannon, à reconsidérer ses liens avec ce dernier.

Les commentaires de Mme Sanders font écho à ceux du président Trump. Piqué au vif par la rumeur d'informations compromettantes pour lui et son entourage, M. Trump a déclaré mercredi que son ex-conseiller « avait tout simplement perdu la raison » après qu’il l’eut congédié de son poste à la Maison-Blanche, en août 2017.

Donald Trump en a remis une couche jeudi, en affirmant que Steve Bannon avait en plus « déjà changé son discours ». Le président faisait ainsi référence à une entrevue accordée par M. Bannon après la diffusion des premiers extraits du livre où il maintient son appui à l'administration actuelle.

« [Steve Bannon] m'a qualifié de ''grand homme'' pas plus tard qu'hier, donc, de toute évidence, il a changé de discours assez vite, [mais] je ne lui parle pas », a-t-il déclaré.

Figure bien connue de la droite nationaliste et populiste américaine, Steve Bannon a dirigé le site Internet Breitbart réputé pour ses articles associés à l'extrême droite et ses contenus misogynes, antisémites et xénophobes.

Il s'est joint à l'équipe électorale de Donald Trump en même temps que la spécialiste des relations publiques Kellyanne Conway en août 2016, alors que sa campagne semblait en difficulté.

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