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Donald Trump qualifie la Russie, l’UE et la Chine d’« ennemies »

Avant d'attaquer sa tournée européenne, le président américain Donald Trump avait prédit que l'étape d'Helsinki, où il doit retrouver son homologue russe Vladimir Poutine, serait la « plus facile ». Leur sommet pourtant s'annonce particulièrement épineux.

M. Trump a donné le ton en estimant que la Russie, l'Union européenne et la Chine étaient, pour différentes raisons, des « ennemis » des États-Unis, dans une entrevue accordée samedi à la chaîne américaine CBS et diffusée dimanche.

Lundi, les deux présidents s'entretiendront d'abord en tête-à-tête avec leurs seuls interprètes au Palais présidentiel, avant d'ouvrir la réunion à leurs délégations respectives pour un déjeuner de travail.

Si les arrêts du 45e président des États-Unis à Bruxelles et à Londres ont été agités, marqués par ses charges virulentes contre ses alliés de l'OTAN – l'Allemagne en tête, accusée d'être « prisonnière » des Russes –, les points de friction entre Washington et Moscou ne manquent pas.

Rattachement en mars 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, soutien de la Russie au régime syrien de Bachar Al-Assad, nouveaux droits de douane américains... la liste est longue.

Ingérence dans la présidentielle

À trois jours de la rencontre, un autre sujet sensible s'est réimposé de façon spectaculaire au menu des discussions : l'inculpation de 12 agents du renseignement militaire russe dans l'enquête sur l'ingérence du Kremlin dans la présidentielle de 2016.

Le président américain a indiqué qu'il pourrait demander à M. Poutine l'extradition aux États-Unis des agents inculpés.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a estimé dimanche sur la chaîne ABC que l'inculpation des agents russes « renforce la position » de M. Trump pour le sommet, prévenant toutefois que les Russes « défendent la position [...] selon laquelle leur Constitution interdit d'extrader des citoyens russes ».

Donald Trump a par ailleurs indiqué sur CBS qu'il se rendait à sa première rencontre bilatérale avec M. Poutine à Helsinki avec « peu d'attentes ».

Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, rappelle que ce n’est pas la première fois que des ressortissants russes sont inculpés pour ingérence aux États-Unis, mais « cette fois il s’agit d’agents officiels ».

« Là, il est carrément question de complot de la part de la Russie contre les États-Unis, dit-il. C’est extrêmement sérieux. »

Trump critiqué à Helsinki

Dimanche, entre 2000 et 2500 personnes ont manifesté « pour les droits de l'homme » à Helsinki.

Non loin du Palais présidentiel qui accueille le sommet, les manifestants ont dénoncé la politique des deux chefs d'État avec la même virulence. « Vous commanditez les guerres, mais c'est l'Europe qui en paye le prix », pouvait-on lire sur une banderole.

Le quotidien de référence finlandais Helsingin Sanomat a réservé 300 panneaux dans la capitale sur lesquels on peut lire, en anglais et en russe : « M. le président, bienvenue dans le pays de la presse libre », une allusion au fait que la Finlande figure régulièrement en tête du classement des pays respectant la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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