Donald Trump serait-il en train de faire croire à la NRA qu'il aime les armes à feu, comme il a convaincu les évangélistes qu'il était un homme de prière? Pour la troisième fois, cette semaine, le président s'est opposé indirectement la National Riffle Association (NRA) qui fait trembler le Tout-Washington depuis des décennies.

Un texte de Christian Latreille, correspondant à Washington

Lundi, devant les gouverneurs, le président Trump a mentionné qu’il fallait parfois s’opposer à cette puissante organisation.

Mercredi, en compagnie de sénateurs et représentants, il a déclaré que les élus avaient peur de la NRA.

Plus tard, durant la même réunion, il leur a carrément lancé qu’ils étaient pétrifiés par le pouvoir du lobby proarmes.

Le grand patron de la NRA, Wayne Lapierre, n’a pas dû aimer ce qu’il a entendu.

Ce dernier a appuyé sans réserve Donald Trump durant la course présidentielle. En retour, Trump lui a promis son appui indéfectible.

Mais le président Trump est-il vraiment l’ami de la NRA comme il ne cesse de le répéter depuis la tuerie de Parkland en Floride?

Oui, il a reçu, samedi, à la Maison-Blanche, la haute direction de l’organisation. Mais que s’est-il vraiment dit à ce dîner? Trump a-t-il tenté d’obtenir des concessions?

Donald Trump n’est pas le genre d’homme fidèle à un parti ou à une organisation. Il n’est loyal qu’à lui-même. Il veut gagner. Il souhaite trouver une solution à ces fusillades meurtrières.

C’est ce négociateur que l’on a vu à l’oeuvre, mercredi, durant près d’une heure, en direct à la télévision. Il a animé avec doigté une rencontre de travail bipartisane avec sénateurs et représentants sur un sujet qui les déchire. Tout était sur la table au risque de s’aliéner la NRA.

Le président Trump ne manque pas une occasion, depuis le massacre de Parkland, de soulever des questions difficiles sur le contrôle des armes qui divisent profondément la société américaine.

On ne sait trop où Donald Trump veut aller exactement. Il tire dans toutes les directions. Mais il sent le vent tourner. Un vent qui frappe la NRA en plein visage. Le lobby essuie rebuffade après rebuffade depuis deux semaines.

La conviction et le courage des étudiants de la Floride qui crient l’urgence d’agir pour resserrer les lois sur les armes à feu en inspirent plusieurs aux États-Unis.

De grandes entreprises comme Delta, United, MetLife et des détaillants comme Dick’s et Walmart prennent leurs distances face au lobby des armes. La peur de perdre une nouvelle génération de consommateurs les pousse à se rendre à l’évidence.

Le président Trump n’a pas de solution magique pour résoudre cette crise. Mais il envoie le message que ce carnage a assez duré.

Les lois plus sévères ont fait leurs preuves. La vente d’armes d’assaut a été bannie aux États-Unis de 1994 à 2004. Et le nombre de tueries a diminué comme dans tous les pays où la distribution de ces armes de guerre est interdite.

Ce n’est pas demain que le Congrès républicain va passer à l’action. Mais un vent nouveau souffle et de plus en plus fort. Lorsque la NRA sera devenue une nuisance à leur réélection, les politiciens retrouveront peut-être le courage de voter des lois selon leur conscience comme le leur suggère leur président, et ce, au risque de se faire des ennemis et de perdre des amis.

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