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Doutes sur la capacité de la Corée du Nord à attaquer les États-Unis

La Corée du Nord n'a ni la volonté ni la capacité d'attaquer les bombardiers et les avions de chasse des États-Unis, même si le chef de sa diplomatie affirmait plus tôt cette semaine qu'elle était en droit de le faire, selon des experts militaires.

Les remarques du ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong-ho, et une récente vidéo de propagande montrant une telle attaque ne seraient rien de plus qu'une bravade face aux propos incendiaires du président américain Donald Trump et une réaction au durcissement de sa position à l'endroit du programme nucléaire de Pyongyang.

M. Trump a lancé sur Twitter que le dictateur nord-coréen Kim Jong-un « ne serait pas dans les parages encore bien longtemps ». Le ministre Ri a ensuite affirmé devant les journalistes que cette « déclaration de guerre » du président Trump donnait à la Corée du Nord « tous les droits », en vertu de la Charte des Nations unies, d'adopter des contre-mesures, « y compris le droit d'abattre les bombardiers stratégiques des États-Unis, même s'ils ne se trouvent pas encore dans l'espace aérien de notre pays ».

Washington envoie souvent des avions de combat sophistiqués patrouiller du côté de la péninsule nord-coréenne, sur fond d'animosité. Le week-end dernier, des bombardiers et avions de chasse américains ont traversé l'espace aérien international à l'est de la Corée du Nord, atteignant le point le plus au nord de la frontière entre les deux Corées depuis des décennies, selon le Pentagone.

Quelques heures après ces vols, dimanche, un site nord-coréen de propagande a mis en ligne une vidéo qui montrait la destruction d'avions et d'un porte-avions américains. La vidéo était un collage de photos et d'animatique maladroite. On voyait aussi le lancement de missiles nord-coréens. Un analyste sud-coréen, Hong Min, a expliqué que le Nord cherchait clairement à illustrer sa capacité à répliquer aux États-Unis.

Une manœuvre, plus qu'une démonstration de force

Un autre analyste, Moon Seong-mook, prévient toutefois que les capacités réelles de la Corée du Nord sont probablement bien loin des propos guerriers du ministre Ri. Les vieux chasseurs MiG de Pyongyang n'auraient aucune chance face aux avions sophistiqués des États-Unis, et même si la Corée du Nord prétend disposer de missiles sol-air capables de frapper leur cible à une distance de 150 kilomètres, il s'agit d'un système qui n'a jamais été mis à l'épreuve.

Il se pourrait aussi que la Corée du Nord ne soit même pas capable de détecter la présence des avions américains, puisque la Corée du Sud prétend que les bombardiers B-1B qui ont volé à l'est de ses côtes sont passés complètement inaperçus de ses radars désuets.

En y allant de propos aussi menaçants, la Corée du Nord pourrait chercher à se dégager un peu d'espace pour manœuvrer : si Kim Jong-un y va de concessions, il pourra se présenter comme celui qui a agi pour réduire les tensions dans la péninsule.

De plus, la situation ouvre la porte à la Chine et à la Russie en leur permettant de demander une nouvelle fois une suspension des essais nord-coréens et des manœuvres militaires des États-Unis et de la Corée du Sud.

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