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Dreamers : des photos qui valent plus que mille mots

Les Dreamers, comme on surnomme les jeunes immigrants illégaux aux États-Unis, sortent de l'ombre et s'affichent au grand jour grâce au projet photo « Inside Out Dreamers », qui s'est arrêté dans plus de 30 villes américaines.

Un texte de Christian Latreille, correspondant à Washington

Derrière ces sourires captés par les photographes se cachent de nombreux drames. L'histoire de gens qui ont tout quitté pour tenter de vivre le rêve américain. Plusieurs ont risqué leur vie avec leurs parents en traversant la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

L'année dernière, l'événement « Inside Out Dreamers » s’est arrêté dans 36 villes américaines, dont à Salt Lake City, en Utah.

L’organisateur, Jaime Scatena, a conduit son camion aux quatre coins du pays pour photographier et imprimer en format géant 5000 visages d’immigrants illégaux et de ceux qui les appuient.

« Nos leaders doivent comprendre qu’il faut aider ces jeunes à s’épanouir et à réussir, et non pas leur mettre constamment des bâtons dans les roues », dit-il.

Ils sont 700 000 immigrants dans l’attente d’une décision de Washington, où les politiciens débattent de leur avenir depuis 2001.

La plupart sont arrivés aux États-Unis à un très jeune âge.

Ana Antonio-Rodriguez, 23 ans, originaire du Mexique, est entrée au pays lorsqu’elle avait 2 ans.

« J’ai décidé de sortir publiquement pour que tout le monde sache que je suis ici illégalement, confie-t-elle. D’ailleurs, quand je dis à mes amis que je suis une immigrante illégale, ils sont tous surpris. »

Ces Dreamers sont nerveux et inquiets depuis que pèse sur eux une menace d’expulsion prévue au mois de mars.

En septembre, le président Trump a aboli le programme DACA, qui permettait à ces jeunes immigrants illégaux d’obtenir un permis de travail et de rester aux États-Unis.

« Je suis très anxieux et ça m’empêche de dormir la nuit », explique Salvador Oregon Torres, 23 ans, qui a franchi la frontière illégalement avec son père et sa mère alors qu’il avait 11 mois.

En plus du stress causé par cet avenir incertain, ces Dreamers subissent du racisme et de la discrimination depuis l’élection de Donald Trump.

Tous ces jeunes rencontrés à Salt Lake City affirment que son arrivée au pouvoir a provoqué une résurgence de l’intolérance face aux immigrants.

Nidia Romero, une Mexicaine de 30 ans, raconte qu’elle entend de plus en plus de gens lui dire de ne plus parler espagnol ou de retourner dans son pays.

Mais malgré cette Amérique moins accueillante, ces jeunes Dreamers croient toujours à leur rêve américain.

Rien au monde ne leur fera quitter leur pays d’adoption.

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