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Duterte réduit à 23 $ le budget de la Commission des droits de la personne aux Philippines

Les partisans du président Duterte au Congrès se sont prononcés en faveur de deux projets de loi controversés destinés à priver la Commission des droits de la personne de son budget et à destituer la chef de la Cour suprême du pays. L'opposition crie à la dictature.

Selon l’opposition, le président Rodrigo Duterte tente par ces projets de loi controversés de museler l’opposition et d’écarter les adversaires de la guerre aveugle qu’il mène dans le pays contre le trafic de drogue.

Cette offensive majeure des autorités nationales contre de présumés utilisateurs et trafiquants de drogue a fait des milliers de morts jusqu’ici dans le pays.

Pour l’opposition et les défenseurs des droits de la personne, il s’agit d’un crime contre l’humanité.

Par ce vote du Congrès tenu mardi soir, le gouvernement Duterte fixe à 1000 pesos (23 $ CA) le budget annuel de la Commission des droits de la personne pour l’année 2018.

Sans détour, le président Duterte a expliqué que cette mesure de rétorsion est directement liée à l’enquête que mène actuellement la commission sur les milliers de morts de sa guerre contre la drogue.

« Il n’a que ce qu’il mérite », a lancé Rodrigo Duterte à l’endroit du président de la commission Jose Gascon.

Aux Philippines, cette commission est un organe indépendant prévu par la Constitution du pays pour surveiller le travail de l'exécutif qui, lui, a la mainmise sur la police et les forces armées.

La destitution de la présidente de la Cour suprême réclamée par les alliés de Duterte

La Cour suprême du pays constitue un autre important garde-fou constitutionnel. Or, lors des travaux de la Commission sur la justice, les représentants fidèles au président Duterte ont voté en faveur d’une motion réclamant la destitution de la présidente de la Cour suprême, Maria Lourdes Sereno, l’accusant de corruption.

Mme Sereno s'était récemment montrée particulièrement critique envers la campagne antidrogue du président Duterte.

En 2016, elle avait aussi écrit au président pour s'inquiéter du fait qu'il avait publiquement accusé sept juges d'être mêlés au trafic de drogue.

Le président Duterte avait répliqué en menaçant de décréter la loi martiale.

Cette motion de destitution de la juge Sereno tout comme la réduction du budget de la Commisison des droits de la personne, doit encore franchir des étapes dans le processus législatif philippin pour entrer en vigueur.

En cas d'adoption par la Chambre en session plénière, il faudrait ensuite que le Sénat approuve la destitution de Mme Sereno et le nouveau budget de la Commision des droits de la personne.

Au cours de la fin de semaine, le président Duterte a aussi procmis de « détruire » un autre de ses opposants, le sénateur Antonio Trillanes, farouche opposant à sa guerre antidrogue.

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