Aux États-Unis, le débat s'intensifie sur la pertinence de conserver des statues à la mémoire de personnalités controversées. Faut-il détruire ces monuments qui témoignent de temps difficiles, de ce que l'homme peut faire de pire? Certains anciens pays qui faisaient partie du bloc de l'Est ont décidé de les conserver. Ces monuments restent parfois une source de conflits.

Un texte de Raymond Saint-Pierre

À Moscou, on a réuni dans un parc des symboles de l’ère communiste, des années sombres que certains avaient plutôt voulu oublier.

Bien des gens qui visitent ce qu’on appelle « le parc des monuments tombés » n’ont jamais connu l’ère soviétique, les années de répression…

Mais d’autres, plus âgés, se souviennent du jour où la statue de Félix Dzerjinski a été déboulonnée.

Dzerjinski avait créé la police secrète de l’État, qui devait devenir le KGB, tant redouté par la population.

Le 22 août 1991, une foule de manifestants qui dénonçaient le régime s’est rendue devant les locaux du KGB pour s’en prendre à ce symbole.

Un événement inoubliable pour la guide touristique Liana Zakharova. « Quand le régime a chuté, c’est la première statue qui a été déboulonnée. L’enlèvement de son socle, c’était vraiment symbolique pour beaucoup de gens, c’était la fin du communisme », explique-t-elle.

Les autorités ne sachant que faire de ce souvenir encombrant, la statue a été abandonnée dans ce parc, tout comme, au fil des mois, plusieurs autres emblèmes et statues du régime soviétique. On finira par appeler l’endroit « le parc des monuments tombés, ou déboulonnés ou encore des statues déchues ».

On y trouve les vestiges d’un rêve, d’une utopie, qu'illustrent ces armoiries de l’Union soviétique. « Ces armoiries de l’Union soviétique se trouvaient sur tous les édifices administratifs, tous les documents des citoyens, souligne Mme Zakharova.

« On y voit le globe terrestre, au centre, parce que le communisme devait gagner la victoire dans le monde entier », ajoute-t-elle. Pour Liana Zakharova, ce parc de Moscou, créé pratiquement par hasard, est un trésor d’histoire.

D’autres pays anciennement membres du bloc communiste ont aussi décidé de regrouper des monuments de cette époque dans des parcs, comme la Lituanie, l’Estonie et la Hongrie.

Mais pour la Pologne, c’est une tout autre histoire. On veut détruire des centaines de ces monuments, ce qui soulève la colère des autorités russes.

Le sénateur Andrei Klimov du comité des Affaires étrangères du Conseil de la fédération russe croit que la Pologne se comporte comme le groupe armé État islamique en planifiant de détruire plus de 500 de ces monuments.

« Si le groupe armé État islamique détruit des monuments de cultures étrangères, les Polonais eux aussi le font, mais ce sont des monuments commémorant ceux qui ont libéré leur pays du nazisme », soutient-il.

Des batailles dans lesquelles 600 000 Russes ont perdu la vie, selon M. Klimov.

Le sénateur demande aux pays qui ont aussi combattu le nazisme en Europe de se joindre à la Russie pour dénoncer cette destruction de monuments. « Ce serait bien si les voix des alliés de l’époque pouvaient s’unir aux nôtres, mais pour le moment, on ne les entend pas », lance-t-il.

La Russie entend imposer des sanctions à la Pologne si elle décide d’aller de l’avant avec ces destructions.

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