Retour

« El Chapo » comparaît devant la justice américaine

Affirmant présenter à la justice le pire narcotrafiquant de la planète, des procureurs américains ont décrit vendredi le chef du cartel mexicain de Sinaloa, Joaquín « El Chapo » Guzman, comme l'architecte d'une campagne de violence qui s'est étirée sur trois décennies, avant de préciser qu'ils réclament la confiscation d'actifs dont la valeur totalise 14 milliards de dollars américains.

Lors de sa comparution, vendredi, devant un tribunal de Brooklyn, Guzman a plaidé non coupable par l'entremise d'un défenseur public fédéral.

L'acte d'accusation déposé devant le tribunal affirme que Guzman a supervisé une gigantesque opération de trafic de drogue qui a renvoyé des milliards de dollars en recettes illicites vers le Mexique. Guzman et d'autres membres du cartel de Sinaloa sont également soupçonnés d'avoir ordonné des meurtres, des enlèvements et des actes de torture.

Un silence s'est abattu sur la salle d'audience de Brooklyn à son entrée, l'air hébété.

Il a dit pouvoir comprendre le magistrat, qui s'exprime en anglais, mais ses propres réponses ont été traduites par un interprète. L'accusé n'a pas cherché à être libéré sous caution.

Guzman est arrivé à New York tard jeudi, après avoir été extradé du Mexique à condition que les procureurs ne réclament pas la peine capitale.

Des tonnes de cocaïne et d'héroïne

Les autorités américaines tentaient de lui mettre la main au collet depuis des années, alors que Guzman filait presque à volonté entre les doigts des forces de l'ordre mexicaines.

Les procureurs ont expliqué que Guzman a utilisé tous les moyens imaginables pour expédier des tonnes de cocaïne et d'héroïne vers les États-Unis – à bord de camions-citernes, d'avions qui se posaient sur des pistes secrètes, de navires rapides et même de sous-marins. Le cartel de Guzman a aussi creusé des tunnels sophistiqués pour passer sous la frontière entre les deux pays.

Une source mexicaine a expliqué qu'une escorte de l'agence américaine antidrogue (DEA) avait pris la garde du narcotrafiquant à Ciudad Juarez. Ils ont ensuite pris un vol vers New York à 17 h 31 (heure de l'Est).

Passible de l'emprisonnement à vie

L'État de New York est une des nombreuses juridictions américaines qui ont porté des accusations contre Guzman, qui est passible d'une peine d'emprisonnement à vie.

Le chef du cartel de Sinaloa était détenu dans une prison située près de Ciudad Juarez. Il avait été capturé de nouveau après s'être évadé pour la deuxième fois d'une prison à sécurité maximale en creusant un tunnel à partir de sa cellule.

Les avocats de Guzman tentaient par tous les moyens de bloquer son extradition vers les États-Unis. Le ministère des Affaires étrangères du Mexique a indiqué jeudi que leur appel a été rejeté par la justice, et que le tribunal a donc tranché que son extradition serait constitutionnelle.

Un analyste a expliqué que Guzman a probablement été envoyé aux États-Unis au dernier jour de la présidence de Barack Obama pour permettre à ce dernier d'en prendre le mérite, mais aussi pour indiquer clairement au prochain président Donald Trump - qui a qualifié les immigrants mexicains de « violeurs » et de « tueurs » - que le Mexique ne se laissera pas intimider.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine