Retour

Émeutes au Kenya : l'opposant défait appelle à la grève

Le chef de file de l'opposition kényane, Raila Odinga, a lancé dimanche un appel à la grève pour la journée de lundi et a promis qu'il ne renoncerait pas à contester la réélection du président Uhuru Kenyatta, qu'il accuse d'avoir truqué le vote.

Au moins 16 personnes, dont une fillette de neuf ans, sont mortes dans les violences postélectorales depuis la proclamation vendredi de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta.

Un bilan précédent faisait état de 11 morts.

« Le [parti du] Jubilee a fait couler le sang de personnes innocentes. Demain, nous ne travaillerons pas », a déclaré Raila Odinga, 72 ans, devant environ 4000 de ses partisans dans le bidonville de Kibera, à Nairobi.

M. Odinga a accusé le gouvernement d'avoir planifié le trucage de l'élection présidentielle et l'assassinat de ses partisans.

De son côté, le porte-parole du président Manoah Esipisu a affirmé dimanche que les manifestations avaient été violentes et illégales, et que toute manifestation pacifique représente un droit garanti par la Constitution et serait protégée par la police.

En soirée dimanche, des affrontements entre plusieurs centaines de personnes issues de deux groupes ethniques rivaux, les Luos et les Kikuyus, ont éclaté à Mathare, un autre bidonville de Nairobi. Un journaliste de l'AFP présent sur les lieux a rapporté avoir vus des gens s'affronter à coups de machettes, pierres, bâtons et flèches.

À 20 h, heure locale, a police s'était déployée et les violences étaient terminées, le bidonville étant plongé dans le noir en raison de coupures d'électricité.

La crainte d'une éclosion de violences ethniques est bien réelle étant donné que M. Kenyatta est un Kikuyu, tandis que M. Odinga est un Luo. Bon nombre de Kényans ont d'ailleurs voté en fonction de leur appartenance culturelle lors du scrutin de mardi.

En 2007, plus de 1200 personnes avaient été victimes de violences interethniques après qu'Odinga, un ancien prisonnier politique, eut refusé de reconnaître sa défaite à la présidentielle face au prédécesseur d'Uhuru Kenyatta.

Depuis la publication des premiers résultats partiels mercredi, l'opposition a multiplié les accusations de fraude, sans toutefois fournir de preuve convaincante.

La mission d'observation de l'Union européenne et un groupe d'observateurs indépendants ont à l'inverse validé le scrutin, en grande partie électronique, et son résultat. La représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a félicité dimanche le président Kenyatta pour sa réélection.

De nombreux diplomates et dirigeants de la région, dont le président rwandais Paul Kagamé et ses homologues tanzanien et ougandais, ont aussi félicité Kenyatta et appelé Odinga à reconnaître sa défaite, ou à défaut à la contester devant les tribunaux.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine