Retour

Enquête sur Clinton : Sessions prendra une décision « sans influence politique »

Le secrétaire américain à la Justice, Jeff Sessions, décidera « rapidement » s'il désignera un procureur spécial pour se pencher sur le cas d'Hillary Clinton, ce que réclame depuis longtemps son patron, le président Donald Trump.

Alors que le président est justement enlisé dans l'affaire de l'influence russe sur la présidentielle de novembre dernier – et qu'il se plaît à répéter que c'est plutôt son ancienne adversaire démocrate qui a collaboré avec le Kremlin –, M. Sessions a martelé mardi, devant la Commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants, qu'il prendrait une décision « sans influence politique ».

Le secrétaire à la Justice subit une forte pression de la part du locataire de la Maison-Blanche, qui a déjà manifesté sa frustration contre l'absence de procédures judiciaires contre celle qu'il surnomme « Crooked Hillary » (Hillary la corrompue).

M. Sessions a indiqué, dans une lettre adressée à la commission, et publiée lundi par plusieurs médias américains, que des procureurs fédéraux procédaient actuellement à l'examen du dossier pour déterminer s'il est avisé ou non de nommer un procureur spécial.

Vente d'une minière canadienne à la Russie

Ce dernier pourrait entre autres scruter les agissements de la Fondation Clinton, ou encore l'utilisation, par Hillary Clinton, d'un serveur privé de courriels lorsqu'elle était secrétaire d'État sous Barack Obama.

Le secrétariat à la Justice s'intéresse aussi à la vente de la minière canadienne Uranium Ore, qui détenait des mines aux États-Unis, à la russe Rosatom en 2010. Pour le président Trump, il y aurait preuve de collusion entre Mme Clinton et la Russie dans cette affaire.

Chez les démocrates, on accuse la Maison-Blanche de vouloir détourner l'attention des possibles liens entre le Kremlin et la campagne de M. Trump.

Le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du renseignement de la Chambre, va même plus loin en affirmant que nommer un procureur spécial dans ce dossier « précipiterait la fin du ministère de la Justice en tant qu'institution indépendante ».

Un autre procureur spécial, Robert Mueller, planche déjà sur les liens entre la Russie et la campagne du milliardaire républicain, à la suite de la récusation de Jeff Sessions dans cette affaire. Le geste avait provoqué la colère du président.

M. Mueller a déjà déposé des accusations contre trois anciens collaborateurs de la campagne Trump, soit Paul Manafort, Richard Gates et George Papadopoulos.

Ce dernier collabore depuis plusieurs mois avec la justice et a affirmé avoir servi d'intermédiaire entre des responsables russes et la campagne de Trump, où il agissait comme conseiller en matière d'affaires étrangères, sous la supervision de Jeff Sessions.

Au cours d'une réunion à la fin de mars 2016, M. Papadopoulos s'est vanté de pouvoir organiser une rencontre entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine.

Sessions lâche Moore

Autre sujet d'importance abordé lors de son témoignage de mardi devant le Congrès, Jeff Sessions a appelé le candidat républicain au Sénat Roy Moore à mettre fin à sa campagne électorale, surtout que deux autres républicains importants ont déclaré croire les allégations d'inconduite sexuelle portées contre le septuagénaire de l'Alabama.

M. Sessions a affirmé n'avoir aucune raison de douter de la véracité de la parole des cinq femmes qui ont accusé M. Moore d'attouchements lorsque celles-ci étaient adolescentes.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a lui aussi appelé M. Moore à jeter l'éponge.

L'élection spéciale, prévue le 12 décembre, est essentielle pour déterminer qui, des républicains ou des démocrates, contrôleront le Sénat.

Avant la divulgation des allégations, M. Moore était en tête pour l'emporter, ce qui aurait permis aux républicains de conserver les 52 sièges qu'ils détenaient sur les 100 du Sénat.

Lundi, le chef de la majorité au Sénat, le républicain Mitch McConnell, a demandé à son tour à ce que M. Moore abandonne la course, alors que le sénateur Cory Gardner, qui préside les campagnes électorales républicaines pour le Sénat, a plutôt laissé entendre que le Sénat devrait expulser M. Moore s'il demeurait en lice et remportait l'élection.

Pour Roy Moore, toutefois, tout cela n'est qu'une machination ourdie par l'establishment républicain et les médias pour le discréditer.

M. Moore tente de remporter le siège occupé par Jeff Sessions jusqu'à ce que celui-ci soit débauché par Donald Trump pour occuper le poste de secrétaire à la Justice.

Le président n'a pas lui-même commenté l'affaire sur le fond jusqu'à maintenant, mais il devrait le faire à son retour de son voyage officiel de 12 jours en Asie.

Quant aux démocrates, ils n'ont pas investi davantage d'argent dans la course depuis la diffusion des allégations.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine