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Épidémie d'Ebola: inquiétudes parmi les Congolais de l'Ontario

La communauté congolaise de l'Ontario est inquiète de la situation en République démocratique du Congo, où le virus d'Ebola a récemment fait son apparition dans le nord-ouest du pays.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le bilan des victimes s'élève pour l'instant à 25 morts selon l'Organisation mondiale de la santé, qui considère le risque de propagation de la fièvre hémorragique très élevé à l'échelle nationale.

Camille Kalala est le président honoraire de l'Association congolaise de l'Ontario ; il est lui même médecin. « C'est la 9ème épidémie depuis 4 ans dans le pays, il y a 25 morts sur 44 cas, dont 14 ont été confirmés, le taux de mortalité varie de 60 à 90%... c'est donc catastrophique. »

Junior Mandoko se rappelle de la crise sanitaire qui a fait 11 000 morts en Afrique de l'Ouest de 2013 à 2016.

« Personnellement je suis très inquiet parce que jusqu'à date, ce virus n'a pas encore été maîtrisé, il n'y a pas vraiment de traitement approprié pour ce virus. »

Le Torontois est d'autant plus inquiet qu'il a de la famille dans la capitale, Kinshasa.

« Mbandaka ce n'est pas tellement loin de Kinshasa, parce qu'il suffit de prendre un bateau et puis passer quelques jours sur le fleuve Congo et il y a du transfert assez souvent par bateaux. Le danger, c'est surtout le fait que cela soit une ville urbaine alors il y a des risques de contamination à ce niveau-là. »

Le Dr Kalala se dit néanmoins rassuré par l'organisation des secours internationaux qui n'ont pas tardé.

« Je suis confiant étant donné que le laboratoire de l'OMS est là pour procéder au diagnostic précoce du virus, il y a aussi 4000 doses de vaccin qui sont arrivées, même s'il y en a qui disent qu'il en est dans sa phase expérimentale, mais on doit rester vigilants et très actifs. »

Il ajoute que le ministre de la Santé est sur place et que « cela peut calmer les esprits » dans la province de l'Équateur, dont Mbandaka est le chef-lieu. « On espère que la situation sera à nouveau sous contrôle », ajoute-t-il.

Le médecin souligne que la communauté des États de l'Afrique de l'Est (Soudan, Ouganda, Kenya, Rwanda, Burundi et Tanzanie) a commencé à mettre en place des mesures sévères à leurs frontières.

Bonaventure Otchudi ne partage toutefois pas le même optimisme. « Chaque fois qu'il y a une éclosion du virus d'Ebola au Congo, nous sommes toujours inquiets, rien ne se fait, les infrastructures sont quasi inexistantes pour faire face à ce genre d'éclosion, le pays est très mal géré et la population s'appauvrit davantage et je pense qu'on aura besoin d'aide de la communauté internationale encore une fois. »

Le Canada semble avoir entendu l'appel puisqu'il a débloqué une aide d'urgence de 2,5 millions de dollars qui seront transmis à l'OMS, MSF et UNICEF.

Ottawa appelle en outre les Canadiens à la prudence et leur rappelle de prendre les précautions sanitaires habituelles s'ils ont à voyager au Congo-Kinshasa et dans les pays limitrophes. L'alerte, qui compte 4niveaux, y est toutefois à son niveau le plus bas pour l'instant.

« L'aide du Canada est encourageante, parce qu'il y a péril en la demeure, parce que la contamination est directe et indirecte par les liquides corporels et que l'épidémie peut traverser les frontières, parce que les gens voyagent facilement », conclut le Dr Kalala

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