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État d'alerte maximale à Bruxelles pour menace « imminente »

Le gouvernement belge a placé samedi la ville de Bruxelles en état d'alerte maximale, fermé le métro et demandé à la population d'éviter les lieux fréquentés en raison d'une menace « sérieuse et imminente » d'attaques coordonnées.

Huit jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, qui ont fait 130 morts et dont l'un des auteurs présumés, Salah Abdeslam, originaire de Bruxelles, est toujours recherché, le niveau d'alerte dans la capitale belge a été relevé au niveau 4, le plus élevé, à l'issue d'une réunion rassemblant des ministres et des responsables de la police et des services de sécurité.

« Cela résulte d'informations, relativement précises, d'un risque d'attentat tel que cela s'est déroulé à Paris. On parle donc de menace portant sur une hypothèse où plusieurs individus avec des armes et des explosifs démarrent des actions, peut-être même à plusieurs endroits en même temps », a déclaré le premier ministre Charles Michel lors d'une conférence de presse.

Sans donner d'autres détails, Charles Michel a déclaré que le degré d'alerte serait réévalué dimanche après-midi. D'ici là, le métro bruxellois restera fermé, conformément aux recommandations de la cellule de crise gouvernementale.

« Le conseil à la population est d'éviter autant que possible les lieux où beaucoup de gens se rassemblent comme les centres commerciaux, les concerts, les événements ou les stations de transport public », a indiqué ce centre de crise.

Outre la fermeture du métro, il a recommandé le report des matches de football prévus ces deux jours, l'annulation de toutes les manifestations publiques ainsi que le déploiement de soldats et policiers supplémentaires. Des boutiques ont commencé à fermer leurs portes à la mi-journée.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a dit que 1000 soldats étaient mobilisés pour des patrouilles, soit le double des effectifs déployés une semaine plus tôt.

« Frapper à chaque porte »

L'ensemble de la Belgique est placé en alerte de niveau 3 depuis les attentats en France.

Quant à la ville de Bruxelles, où siègent l'OTAN et les institutions européennes, elle n'avait pas été placée en état d'alerte maximale depuis fin 2007-début 2008, pendant une période d'un mois environ.

Les autorités suspectaient alors le déclenchement d'une opération pour libérer un islamiste tunisien, Nizar Trabelsi, condamné à dix ans de prison en 2003 pour avoir planifié un attentat suicide au camion piégé contre une base aérienne belge hébergeant des soldats américains. Trabelsi a été extradé aux États-Unis en 2013.

Originaire de la commune bruxelloise de Molenbeek, Salah Abdeslam, 26 ans, est en fuite et fait l'objet d'un appel à témoins lancé dimanche dernier par la police française. Son frère Brahim s'est fait exploser le 13 novembre au Comptoir Voltaire, un café du XIe arrondissement de Paris.

Un autre homme originaire de Molenbeek, Bilal Hadfi, figure parmi les kamikazes du Stade de France à Saint-Denis.

Le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon, a dit vouloir établir un registre de tous les habitants de Molenbeek.

« L'administration communale doit aller frapper à chaque porte et demander qui habite effectivement là », a-t-il déclaré à des journalistes.

Saisie d'armes

« Dangereux », selon la police, Salah Abdeslam a fait l'objet d'un contrôle routier le 14 novembre au matin à Cambrai (Nord). Son nom n'était alors pas encore apparu dans le cadre de l'enquête et il a donc été laissé libre.

Mohamed Amri et Hamza Attou, deux hommes se trouvant avec lui à bord du véhicule contrôlé ont depuis été inculpés et incarcérés en Belgique. Ils étaient venus à Paris dans la nuit de vendredi à samedi pour le reconduire en Belgique.

Un autre suspect interpellé jeudi à Bruxelles a été inculpé vendredi pour participation à des attentats terroristes et aux activités d'une organisation terroriste.
Des armes ont été découvertes à son domicile, a annoncé samedi le parquet belge.

Soupçonné d'être l'un des chefs opérationnels des attentats du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine âgé de 28 ans, est mort lors de l'assaut mené mercredi par les forces de l'ordre françaises contre un appartement du centre-ville de Saint-Denis.

Le nom de cette figure de la propagande de l'État islamique (EI) était apparu dans plusieurs enquêtes de l'antiterrorisme en France et en Belgique.

Arrestation en Turquie d'un Belge lié aux attentats de Paris

La police turque a interpellé un Belge d'origine marocaine soupçonné d'avoir effectué des repérages en vue des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, a confirmé samedi un responsable gouvernemental turc.

Ahmet Dahmani, 26 ans, a été appréhendé dans un hôtel de luxe d'Antalya sur la côte sud de la Turquie, où il séjournait depuis le 16 novembre, écrit l'agence de presse turque Dogan.

Deux autres individus, âgés de 23 et 29 ans et de nationalité syrienne, ont par ailleurs été interpellés sur une route des environs, rapporte Dogan. Ils sont soupçonnés d'avoir été envoyés à Antalya par le groupe djihadiste État islamique (EI) pour aider Dahmani à passer sans mal la frontière syrienne. Leur arrestation a eu lieu alors qu'ils s'apprêtaient à le retrouver, écrit l'agence Dogan.

La police antiterroriste turque a été avertie de la présence d'Ahmet Dahmani à son arrivée en avion à Antalya et elle l'a suivi jusqu'à son hôtel, dans le quartier de Manavgat, écrit l'agence Dogan.

La Turquie a d'autre part expulsé cette semaine un groupe de huit Marocains interpellés par la police des frontières à l'aéroport d'Istanbul et soupçonnés de liens avec l'EI.

Ces personnes ont dit être arrivées mardi soir à l'aéroport Atatürk en provenance de Casablanca pour passer des vacances en Turquie.

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