Le président américain Donald Trump a signé le texte de l'accord de financement temporaire du budget de l'État fédéral, approuvé lundi par les deux chambres du Congrès, mettant officiellement fin à trois jours de paralysie partielle des administrations, du fait d'un blocage sur la question de l'immigration.

« Je suis content de voir que les démocrates du Congrès ont retrouvé les esprits. Nous trouverons un accord à long terme sur l'immigration si, et seulement si, il est bon pour le pays », a déclaré M. Trump dans un communiqué.

Un peu plus tard, il a renchéri sur Twitter. « Grande victoire pour les républicains, les démocrates cèdent sur le "shutdown" (la paralysie budgétaire) », a-t-il écrit.

« Rendez-vous à la table de négociations! », a-t-il ajouté à l'adresse des démocrates, en référence aux discussions qui devront avoir lieu pour un accord définitif.

La paralysie gouvernementale a écorché l'image de négociateur du président américain, qui se présentait comme la seule personne apte à relancer une capitale américaine « brisée ».

L'impasse a également forcé Donald Trump à annuler un déplacement prévu à son domaine de Floride, et jeté le doute sur sa présence au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Il s'y rendra bel et bien à la fin de la semaine.

Même si le chef de la Maison-Blanche est demeuré à Washington lundi, l'accord a été conclu sans lui.

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, s'est lui aussi félicité de l'entente conclue avec celui de la majorité républicaine, Mitch McConnell, pour que le gouvernement fédéral puisse continuer à fonctionner jusqu'au 8 février, en échange de la mise au point d'un plan pour régler la question des « Dreamers », qui sont menacés d'expulsion.

Les démocrates martelaient depuis le début des négociations que toute loi permettant de financer les activités gouvernementales à court terme devait comprendre des protections pour les « Dreamers », ces jeunes immigrants arrivés illégalement aux États-Unis lorsqu'ils étaient mineurs.

De leur côté, les républicains exigeaient le maintien du financement étatique avant toute négociation sur l'immigration.

Le gouvernement américain est arrivé à court d'argent à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, et les législateurs avaient travaillé durant toute la fin de semaine, en vain, pour en arriver à un accord.

Des dizaines de milliers d'employés fédéraux avaient commencé à fermer leurs bureaux, lundi, mais les services essentiels, comme les services de sécurité et les opérations en matière de défense, avaient été maintenus.

Suite des choses et positionnement

Après le Sénat, la Chambre des représentants a voté en fin d'après-midi par 266 voix pour et 150 contre la mesure qui assure le financement des opérations de l'État jusqu'au 8 février.

Les résultats du vote au Sénat montrent par ailleurs que certains opposants à la mesure de financement temporaire se positionnent en vue des élections de mi-mandat, en novembre de cette année, voire en prévision de la prochaine course à la Maison-Blanche, en 2020.

Parmi les sénateurs démocrates ayant voté contre le projet de loi, on compte ainsi Dianne Feinstein, Elizabeth Warren et Cory Booker, tous de possibles candidats à l'investiture démocrate pour la course de 2020.

Bernie Sanders, sénateur indépendant d'obédience démocrate et candidat défait à l'investiture en 2016, s'est lui aussi rangé du côté des opposants à la mesure.

Colère à gauche

Qu'il y ait ou non réouverture du gouvernement, certains groupes campés plus à gauche ont exprimé leur colère de voir les démocrates céder aux républicains en échange de la poursuite des négociations sur la question de l'immigration.

« L'à-plat-ventrisme des démocrates du Sénat, menés par des démocrates faibles, à droite du centre, rappelle pourquoi les gens croient que Parti démocrate ne représente rien de concret », a déclaré Stephanie Taylor, cofondatrice du Progressive Change Campaign Committee.

Pour Jovan Rodriguez, un « Dreamer » de Brooklyn dont la famille est arrivée du Mexique alors qu'il n'avait que 3 ans, le plus récent développement dans le dossier migratoire a des airs de déjà-vu.

« Cela dure depuis des mois, a poursuivi M. Rodriguez. Je ne fais pas confiance aux républicains, pas plus qu'à Mitch McConnell, avec une simple promesse. Ce n'est plus suffisant, désormais. »

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