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Explosion dans le métro à Manhattan : Trump dénonce le « laxisme » du système d'immigration

La police de New York a arrêté un suspect sur les lieux de l'explosion survenue lundi matin au principal terminal d'autobus de Manhattan, près de Times Square. En réaction, le président Donald Trump a lancé un appel à la réforme du système d'immigration et à l'imposition de peines plus lourdes pour les auteurs d'actes terroristes.

L’explosion est survenue à l'heure de pointe du matin dans un passage souterrain reliant deux noeuds clés des transports new-yorkais que sont Times Square et la gare routière de Port Authority, près de la 42e Rue et de la 8e Avenue.

Les policiers ont arrêté un homme de 27 ans, originaire du Bangladesh, qu’ils soupçonnent d’avoir porté la bombe. Akayed Ullah a attaché à son torse avec du velcro l'engin explosif, qualifié de « rudimentaire » par les autorités. Le chef de la police de New York, James O’Neill, croit que l’engin explosif pourrait s'être déclenché prématurément.

Le suspect est grièvement blessé. Trois autres personnes ont été plus légèrement blessées par la déflagration.

« Soyons clairs, il s’agit d’une tentative d’attentat terroriste », a déclaré le maire de New York, Bill de Blasio, au cours d’une conférence de presse conjointe avec le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, et les directeurs de plusieurs services de la ville.

Le maire a ajouté qu’il n’y a aucune autre menace imminente qui plane sur New York et que les policiers procèdent à certaines vérifications de façon préventive.

Andrew Cuomo a précisé que le suspect avait été « influencé » par les groupes djihadistes et leur propagande sur Internet.

Le New York Times rapporte qu'Akayed Ullah aurait choisi cet endroit très fréquenté en raison des affiches sur le thème de Noël, qui lui auraient rappelé les attaques perpétrées au nom de Daech sur des marchés de Noël en Allemagne.

Le suspect aurait voulu se venger des frappes américaines contre le groupe djihadiste en Syrie et ailleurs.

Un système d'immigration « laxiste »

Selon la Maison-Blanche, Akayed Ullah est arrivé aux États-Unis en 2011 grâce à un visa de regroupement familial.

Le président des États-Unis a réagi quelques heures après la tentative d'attentat en appelant à la réforme du système d’immigration qu’il qualifie de « laxiste ».

Il a souligné que le suspect est entré au pays grâce à un système profitant à la famille élargie de certains migrants. Donald Trump a précisé que ce système était incompatible avec la sécurité nationale. « Le Congrès doit mettre fin aux migrations en chaîne », a-t-il demandé, en faisant référence au visa de regroupement familial qui aurait permis à Akayed Ullah d'entrer aux États-Unis.

Le président a rappelé que son décret migratoire est un « pas en avant » pour rendre le système d’immigration plus sûr. La Cour suprême américaine a récemment autorisé l'application de ce décret qui interdit l’entrée en sol américain aux ressortissants de six pays à majorité musulmane et à la Corée du Nord.

Par ailleurs, Donald Trump a réaffirmé sa conviction que les auteurs d'actes terroristes méritaient « les peines les plus lourdes », y compris la peine de mort dans certains cas.

Pour sa part, la police de New York passe les vidéos de surveillance du métro au peigne fin afin d’amasser un maximum d’informations sur le parcours du suspect. Les enquêteurs ont établi que l'homme avait l’intention de déclencher l’explosion de sa bombe, mais ils ignorent s’il comptait le faire dans le tunnel.

Akayed Ullah vivait aux États-Unis depuis sept ans et résidait à Brooklyn. Il souffre de brûlures aux mains et à l’abdomen de même que de lacérations.

Les trois autres blessés ont aussi subi des lacérations et souffrent de bourdonnements dans les oreilles.

Cohue dans le métro

La déflagration a provoqué un mouvement de panique dans le métro, où les gens se sont mis à courir dans tous les sens, selon un témoin.

L’attaque survient à quelques jours de la période des fêtes de fin d’année, qui attirent des centaines de touristes dans la ville la plus populeuse des États-Unis. En outre, l’explosion est survenue près de Times Square, un lieu très touristique, où près d’un million de personnes se retrouvent chaque année pour assister au décompte menant vers la nouvelle année.

« La réalité, c’est que nous sommes une cible pour plusieurs [groupes] qui voudraient réaliser un coup d’éclat contre la démocratie et la liberté », a déclaré le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, au cours d’une conférence de presse. « Nous avons la statue de la Liberté et ça fait de nous une cible internationale. »

« Nous allons aller de l’avant et nous allons le faire ensemble, a poursuivi le gouverneur Cuomo. Retournons travailler. Nous n’allons pas les laisser nous perturber, parce que c’est exactement ce qu’ils veulent. Et c’est exactement ce qu’ils n’obtiendront pas. »

L’attaque de lundi survient moins de six semaines après l’attentat du soir de l’Halloween, lorsqu’une attaque au camion bélier a fait 8 morts et 12 blessés à la pointe sud de Manhattan. Il s’agissait du premier attentat mortel à se produire à New York depuis celui du 11 septembre 2001.

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