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Fillon sacré candidat de la droite et du centre

François Fillon a été investi dimanche soir candidat de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017 avec près de 70 % des suffrages, ce qui condamne Alain Juppé à une éclipse prématurée de la scène politique nationale.

Élu avec près de 67 % des voix lors de la primaire, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy désire « vaincre l'immobilisme et la démagogie » de la gauche et du Front national, pas leurs électeurs.

M. Fillon a livré un discours d’union à la Maison de la Chimie à Paris. « Ce quinquennat qui s'achève a été pathétique. Il va falloir y mettre un terme, et repartir de l'avant comme jamais nous ne l'avons fait depuis 30 ans. Pour cela, j'aurai besoin de tout le monde », a-t-il déclaré.

Le scrutin, une première pour la droite, est marqué par un nouveau record de participation, laquelle serait légèrement supérieure à la mobilisation sans précédent du premier tour, dimanche dernier (près de 4,3 millions de votants) : elle se situerait entre 4,2 et 4,6 millions, selon un sondage Elabe pour BFM TV.

J'ai le devoir de vaincre l'immobilisme et la démagogie. La gauche, c'est l'échec ; l'extrême droite, c'est la faillite.

François Fillon, candidat de la droite et du centre à la présidentielle française de 2017

Le large plébiscite de l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui lui avait apporté son soutien à la suite de son élimination au premier tour, scelle la victoire d'une ligne idéologique conservatrice et libérale face au « libéralisme humaniste » incarné par Alain Juppé.

Ce dernier a concédé dimanche sa défaite et annoncé qu'il apportait son soutien au vainqueur dans la perspective de la présidentielle de 2017.

« Comme je m'y étais engagé, j'apporte dès ce soir mon soutien à François Fillon. Je lui souhaite bonne chance pour sa prochaine campagne présidentielle et la victoire en mai prochain », a déclaré l'ex-chef du gouvernement.

« Je vais me consacrer pleinement à ma tâche de maire de Bordeaux qui m'a donné et me donne tant de joies », a ajouté Alain Juppé, élu pour la première fois dans la ville en 1995.

Alain Juppé, crédité du faible score de 28,6 % au sortir du premier tour, avait surpris et heurté jusque dans son camp en menant dans l'entre-deux-tours une campagne virulente envers son adversaire, à rebours des messages d'apaisement du « bonze de Bordeaux » qui avaient dominé sa campagne de premier tour.

Fillon devant Le Pen

Selon un sondage Harris Interactive pour Public Sénat et LCP réalisé dimanche, le nouveau candidat de la droite et du centre remporterait la présidentielle française de 2017 contre la présidente du Front national, Marine Le Pen.

François Fillon récolterait 26 % des voix au premier tour contre 24 % pour Mme Le Pen. L'ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, arriverait en troisième position, que ce soit François Hollande ou Manuel Valls qui se présente pour le Parti socialiste.

L’heure est au rassemblement

Selon un sondage Elabe pour BFM TV, 64 % des personnes qui ont voté dimanche viennent de la droite et du centre, 15 % se revendiquent de gauche et 12 % se disent sans étiquette. Seuls 9 % se présentent comme des sympathisants du Front national.

Le mot d'ordre est désormais à l'unité, car la campagne pour la présidentielle commence lundi à droite.

Pierre-Yves Bournazel, soutien d'Alain Juppé, a appelé au rassemblement sans attendre les résultats dès dimanche soir : « L'unité n'est pas abîmée, il faudra une capacité à rassembler et à additionner les forces », a-t-il déclaré sur iTELE.

Signe d’une volonté d'unité, l’ennemi de François Fillon depuis l'élection contestée à la présidence de l'UMP en 2012, Jean-François Copé, a été l'un des premiers à féliciter le candidat pour « une magnifique victoire ». « Je serai à ses côtés avec toute la famille rassemblée », a-t-il annoncé sur France 2.

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