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France : encore des manifestations en appui à Théo

L'affaire Théo, ce jeune homme de 21 ans qui accuse quatre policiers de l'avoir violé avec une matraque lors d'un contrôle d'identité qui a dégénéré la semaine dernière en région parisienne, continue de générer des tensions en France.

À Marseille, quatre personnes ont été arrêtées vendredi soir lors de la première manifestation de soutien au jeune homme à avoir lieu dans cette ville. Les manifestants s'en sont pris à un véhicule de police en marge de l’événement, qui a rassemblé près de 250 personnes.

De telles manifestations d’appui, qui ont réuni quelque centaine de personnes, ont eu lieu toute la semaine dans plusieurs villes françaises, et ce, dès le lendemain de l’interpellation de Théo par les policiers, le 2 février dernier, dans la « cité des 3000 » à Aulnay-sous-Bois.

À Aulney-sous-Bois particulièrement, les échauffourées se sont suivies soir après soir, et de multiples arrestations ont eu lieu pour violences urbaines.

Mardi dernier, Théo et sa famille ont d’ailleurs appelé au calme pour tenter de contenir les débordements.

Ma ville, vous savez que je l'aime beaucoup, j'aimerais bien la retrouver comme je l'ai laissée, s'il vous plaît, les gars. […] Donc les gars, stop à la guerre, soyez unis et ayez confiance en la justice, justice sera faite.

Théo, en compagnie du président François Hollande, qui était à son chevet à l'hôpital

Contrôle d’identité qui dégénère

Vers 17 h le 2 février, les policiers français contrôlent l'identité d'une dizaine de personnes à Aulnay-sous-Bois.

Selon les policiers, Théo aurait résisté, les obligeant à le maîtriser. Menotté, il est emmené au commissariat, où l’on constate qu’il saigne des fesses. Il est alors transporté à l’hôpital, où un médecin lui diagnostique « une déchirure de l'anus sur 10 cm » et lui prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail.

Théo affirme que l'un des policiers lui a introduit volontairement sa matraque dans l'anus lors de son interpellation. Le policier évoque de son côté un « geste involontaire ».

D'après les enquêteurs, Théo ne s'est pas laissé menotter, ce qui aurait déclenché une bagarre avec trois des quatre policiers qui intervenaient. L'un d'eux aurait utilisé une matraque pour lui faire plier les genoux. Mais tous affirment qu’ils n’ont pas volontairement baissé son pantalon, qui aurait glissé alors qu’il se débattait.

Geste intentionnel ou non?

Les quatre policiers présents au moment de l'arrestation du jeune homme ont été mis en examen par la juge d’instruction, l'un pour viol, les trois autres pour violences volontaires, même si, après un premier visionnement de la scène, qui a été filmée par les caméras de la police municipale, l'Inspection générale de la police nationale a écarté « à l’évidence » l’idée du viol délibéré.

La juge d’instruction doit maintenant en arriver à ses propres conclusions. Elle devra notamment juger si le pantalon de Théo a glissé tout seul, et si l'introduction de la matraque de 10 cm dans son rectum a pu être un geste involontaire.

Une analyse image par image de la vidéo doit entre autres avoir lieu afin de déterminer si le geste du policier est intentionnel ou non. Le juge devra également étudier le rapport du médecin légiste, qui, en examinant la blessure, tentera d’analyser l'intensité et la force qui a été mise dans le geste.

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