Retour

France : le burkini n'était pas à l'origine d'une bagarre sur une plage

Le port du burkini ne serait pas à l'origine d'une violente dispute le week-end dernier, sur la plage de Sisco, dans le nord de la Corse, a annoncé le procureur de la République de Bastia. Cinq hommes ont été accusés relativement à cette bagarre, qui a poussé le maire du village à bannir le burkini.

Des témoins avaient soutenu qu'une bagarre avait éclaté parce que des touristes avaient pris en photos des femmes musulmanes se baignant en burkini, un maillot porté pour la baignade par certaines femmes musulmanes qui couvre la tête et la totalité du corps. La présence de femmes le portant au moment des faits a finalement été démentie.

Le procureur de Bastia, Nicolas Bessone, a annoncé mercredi que le différend n'avait même pas pour origine le port d'un burkini, mais plutôt une « logique de caïdat », où des hommes ont voulu imposer leur volonté.

« Une seconde scène a vu l'arrivée des gens de Sisco en soutien au père et au fils qui étaient agressés. L'arrivée rapide des gendarmes a permis de mettre fin aux violences », avait-il ajouté.

Les incidents de samedi soir ont fait cinq blessés légers et provoqué l'incendie de trois véhicules.

Les suspects sont trois membres d'une famille d'origine maghrébine connus des services de police pour diverses infractions et vivant à Furiani, dans la banlieue de Bastia, ainsi que deux hommes originaires de Sisco.

Les suspects d'origine maghrébine devraient être poursuivis pour « des violences avec armes » et les deux autres, pour  « violences en réunion ». Des avocats ont obtenu jeudi, dès l'ouverture du procès, le report des procédures au 15 septembre afin de préparer leur défense.

Mercredi, plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, se sont rassemblées dans le centre de Borgo, un peu plus au sud, pour exprimer leur soutien aux deux hommes de Sisco.

Interdictions décrétées

Bien que la présence de femmes en burkini sur une plage de Sisco soit démentie par la Justice, des maires, dont celui de ce village, ont pris des arrêtés anti-burkini.

Après Cannes, le maire de Villeneuve-Loubet, autre municipalité des Alpes-Maritimes, a interdit le port de cette tenue de bain couvrant le corps, et ceux de plusieurs autres municipalités du Sud-Est et du Nord ont annoncé leur intention d'en faire autant.

Après avoir été débouté par le tribunal administratif de Nice, le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a fait appel devant le Conseil d'État contre l'arrêté de Cannes, qu'il juge illégal et discriminatoire.

Au Québec, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée a déclaré que les femmes ont le droit de s'habiller comme bon leur semble. « C'est un débat qui est de l'autre côté de l'océan. On va le laisser de l'autre côté de l'océan », a-t-elle déclaré.

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, a noté de son côté que les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés rendraient de toute façon très difficile l'interdiction du burkini au Québec.

« On vit dans une société de droits, les gens ont des droits et des libertés, et c'est bien qu'il en soit ainsi », a-t-elle insisté.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine