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France : une mère convertie au djihad condamnée à dix ans de prison

Christine Rivière, la mère d'un « émir » djihadiste convertie à la cause de son fils, a été condamnée vendredi à la peine maximale de dix ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris.

La présidente a jugé que l'accusée, arrêtée en 2014 après trois séjours en Syrie, avait démontré un « engagement sans faille » sous la bannière de l'organisation devenue par la suite le groupe armé État islamique (EI) et qu'elle avait « contribué au renforcement logistique » du groupe.

« Au lieu de chercher à désengager votre fils, il apparaît au contraire que vous l'avez encouragé », a déclaré la magistrate, qui lui a également reproché d'avoir joué les agents recruteurs auprès de jeunes candidates au djihad.

Ce faisant, elle a balayé la version de Christine Rivière qui, lors de l'instruction et à l'audience de jeudi, a dit avoir seulement voulu rendre des « services » et accompagner son cadet, Tyler Vilus, un pionnier des filières françaises en Syrie.

La peine, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, est conforme aux réquisitions du procureur, qui a regretté devant le tribunal de ne pouvoir aller au-delà de dix ans, le maximum encouru pour le chef d'« associations de malfaiteurs » terroriste.

Le ministère public a dénié à l'accusée le rôle de « mère courage » qui aurait agi par amour pour son fils.

L'avocat de la défense, Thomas Klotz, n'a pas dit si sa cliente souhaitait faire appel.

« Mamie djihad »

L'enquête et l'audience ont mis en lumière la relation fusionnelle entre Tyler Vilus et Christine Rivière, née en 1965 dans une famille de forains et convertie en 2011-2012 à un islam radical dans le sillage de son deuxième enfant.

Lors de l'instruction, celle que les enquêteurs ont surnommée « mamie djihad » a déclaré avoir effectué ses séjours en Syrie, entre l'été 2013 et le mois d'avril 2014, pour rester auprès de lui jusqu'au probable « martyre ».

Après un passage par la Tunisie, Tyler Vilus a gravi les échelons dans la hiérarchie djihadiste, jusqu'à être élevé au rang d'« émir » à la tête d'un groupe de combattants francophones.

Arrêté en juillet 2015 en Turquie et aujourd'hui détenu en France, il est soupçonné d'avoir connu en Syrie des membres de la cellule qui a planifié et commis les attentats sanglants du 13 novembre 2015.

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