Retour

Frappes en Syrie : Moscou affirme qu'il y aura des « conséquences »

La Russie a vivement réagi à la frappe des Américains et de leurs alliés Britannique et Français. L'ambassadeur russe aux États-Unis, Anatoli Antonov, a déclaré que les frappes étaient une « insulte au président russe ».

La Russie soutient qu'il y aura des conséquences aux frappes alliées en Syrie, a précisé l'ambassadeur Antonov, en ajoutant qu’insulter le président russe était « inacceptable et inadmissible » et que les États-Unis n’ont pas le droit de blâmer les autres pays.

Moscou a également ajouté que la Syrie, qui a résisté pendant des années à « une agression terroriste », a été frappée par l'opération militaire occidentale alors qu'elle avait « une chance d'avoir un avenir pacifique ».

La Russie est un allié de longue date de la Syrie, et les forces russes interviennent depuis septembre 2015, entre autres à l'aide de frappes aériennes contre les opposants du régime de Damas.

Au moment de déclencher la première intervention russe à l'extérieur des frontières du pays depuis l'invasion de l'Afghanistan, le président Vladimir Poutine affirmait que cet engagement militaire visait à « combattre le terrorisme ».

Le pays offre aussi un soutien logistique et technologique aux troupes du président Bachar al-Assad, en plus de disposer d'une base navale militaire en territoire syrien.

Des frappes « nécessaires et appropriées »

La chancelière allemande Angela Merkel a soutenu samedi que les frappes aériennes menées dans la nuit en Syrie comme une mesure « nécessaire et appropriée » pour mettre en garde la Syrie contre une nouvelle utilisation d'armes chimiques.

Plus tôt dans la semaine, Mme Merkel avait indiqué l'Allemagne ne participerait à aucune action militaire contre la Syrie.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a promis samedi que l'UE « se tiendra aux côtés de ses alliés du côté de la justice » après les frappes occidentales contre la Syrie.

De son côté, le premier ministre canadien Justin Trudeau a apporté son soutien au président Donald Trump.

« Le Canada appuie la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime Assad de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens » a-t-il déclaré dans un communiqué.

L'OTAN appuie également la décision des États-Unis et ses alliés d'avoir mené ces « frappes ponctuelles ».

« Elles vont réduire la capacité du régime à mener d'autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques », a affirmé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

Le ministre des Affaires étrangères turc salue les frappes conjointes comme « une réponse appropriée ».

Toutefois, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé tous les États membres à la retenue et à éviter l'escalade.

« J'appelle tous les États membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien », a déclaré dans un communiqué M. Guterres, qui a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l'action militaire lancée par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Trump, May et Macron, des « criminels »

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a vivement dénoncé les frappes menées par Washington, Londres et Paris, parlant de l'attaque comme d'un « crime ».

« Je déclare franchement que le président américain, le président français et la première ministre britannique sont des criminels, ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice » de l'opération menée aux petites heures du matin, en Syrie, a-t-il poursuivi.

« Le président américain affirme qu'il a attaqué la Syrie pour lutter contre les armes chimiques. Il ment », a ajouté le chef officiel du régime iranien, dans le cadre d'une rencontre avec des responsables politiques et militaires.

L'ayatollah Khamenei a rappelé que les chancelleries occidentales « soutiennent » les bombardements menés au Yémen, comme ils ont « déjà soutenu le criminel Saddam Hussein, qui a tué des milliers d'Iraniens et d'Irakiens avec des armes chimiques » lors de la guerre Iran-Irak, dans les années 1980.

Des frappes « illégales », dit Pékin

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré samedi qu'il pensait qu'un règlement politique était le seul moyen de résoudre le problème syrien et a appelé à une enquête objective sur les attaques présumées utilisant des armes chimiques en Syrie.

Hua Chunying, la porte-parole du ministère, a fait ces commentaires lors d'une conférence de presse selon une transcription postée sur son site Internet.

La porte-parole a ajouté que la Chine s'était toujours opposée à l'utilisation de la force dans les relations internationales et que toute action militaire sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations Unies violait les principes et les normes fondamentales du droit international.

« Minimiser le tort » causé aux civils

L'organisation Amnistie Internationale temporise en demandant de « minimiser le tort » causé aux civils dans les frappes aériennes menées en Syrie par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre le régime de Bachar Al-Assad.

« Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre », a déploré l'ONG.

Plus d'articles