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Fusillade d'Orlando : Clinton s'en prend aux armes, Trump aux musulmans

Pendant que la candidate démocrate à l'élection présidentielle, Hillary Clinton, déplore la facilité avec laquelle les Américains peuvent mettre la main sur une arme à feu pour expliquer la tuerie d'Orlando, son vis-à-vis républicain, Donald Trump, blâme la communauté musulmane pour son inaction.

Tout en reconnaissant l'importance de traquer les « loups solitaires » et d'effectuer une surveillance accrue sur Internet pour débusquer les éléments radicalisés, Mme Clinton a appelé à relancer le dossier sensible du contrôle des armes à feu aux États-Unis.

« Nous avions une interdiction des armes d'assaut, qui a expiré. Il faut la remettre en place », a-t-elle suggéré en entrevue téléphonique avec le réseau NBC.

Le Congrès américain avait adopté, en 1994, une loi interdisant la fabrication et la vente de certaines armes semi-automatiques pour une période de 10 ans, mais les fabricants avaient réussi à la contourner et les parlementaires ont par la suite choisi de ne pas la renouveler.

« Le lobby des armes a répandu la peur chez les élus », a affirmé Hillary Clinton. « Nous devons en faire un enjeu des élections », a-t-elle assuré.

Dans un discours électoral prononcé à Cleveland en début d'après-midi, elle a poursuivi dans cette veine. « Je crois que les armes de guerre n'ont pas leur place dans nos rues », a-t-elle déclaré, en rappelant que les responsables de la tuerie d'Orlando et de celle de San Bernardino ont utilisé des armes d'assaut.

L'ex-secrétaire d'État a également soutenu qu'elle fera de la chasse aux « loups solitaires » une priorité si elle accède à la Maison-Blanche, en s'attaquant notamment à la diffusion de la propagande islamiste radicale sur Internet.

« Le terroriste d'Orlando est peut-être mort, mais le virus qui empoisonnait son esprit est très vivant, et nous devons nous y attaquer avec lucidité, avec fermeté et avec une détermination inébranlable. »

« Peu importe ce que nous apprenons sur ce tueur - ses motivations, dans les jours qui viennent -, nous savons déjà que la barbarie des djihadistes est profonde », a-t-elle ajouté.

Hillary Clinton a aussi mentionné qu'il ne suffit pas « d'endiguer » la menace du terrorisme islamiste, mais qu'il faut « la défaire », en soulignant que la coalition internationale que dirigent les États-Unis fait actuellement reculer le groupe armé État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Ce recul, dit-elle, risque précisément d'inciter l'EI à encourager ses partisans à devenir des « loups solitaires », d'où la nécessité de s'attaquer à ce phénomène.

Mme Clinton a également repris des arguments déjà utilisés par le président Obama en affirmant que toute personne qui fait l'objet d'une surveillance du FBI ou dont le nom est inscrit sur une liste d'interdiction de vol ne devrait pas avoir le droit d'acheter une arme.

Elle a aussi défendu l'idée que personne ne devrait pouvoir éviter que ses antécédents criminels soient vérifiés, comme cela est le cas pour les gens qui achètent des armes en ligne ou dans des foires. « Cela n'arrêtera pas chaque tuerie, mais en arrêtera certaines, et cela va sauver des vies et protéger les premiers répondants », a-t-elle plaidé.

Trump veut bannir l'immigration à partir de pays avec un « historique de terrorisme »

Un président Trump exercerait son pouvoir exécutif pour renforcer les contrôles en matière d'immigration, a pour sa part promis le candidat républicain, reprenant ainsi un des enjeux principaux de sa campagne.

« Quand je serai élu, je suspendrai l'immigration en provenance de régions du monde ayant un passé avéré de terrorisme contre les États-Unis, l'Europe ou nos alliés, jusqu'à ce que l'on comprenne pleinement comment mettre fin à ces menaces », a déclaré Donald Trump lors d'un discours prononcé à Manchester, au New Hampshire.

« Nous ne pouvons pas continuer à laisser entrer des milliers et des milliers de personnes dans notre pays, dont plusieurs pensent de la même façon que ce tueur sauvage », a-t-il dit en évoquant le tireur d'Orlando, Omar Mateen, né aux États-Unis de parents d'origine afghane.

Il a du même souffle critiqué son adversaire démocrate, qui s'est dite favorable à l'accueil d'un plus grand nombre de réfugiés syriens. « Hillary Clinton veut vider nos caisses pour faire entrer plus de gens dans le pays, notamment des individus qui prêchent la haine contre nos citoyens », a-t-il tonné.

Au cours d'une entrevue téléphonique avec le réseau CNN, le candidat républicain a également accusé la communauté musulmane de ne pas dénoncer ses éléments radicaux.

Les proches d'Omar Seddique Mateen ne l'ont pas rapporté aux autorités, a affirmé le milliardaire. « Pour une raison ou pour une autre, la communauté musulmane ne signale pas les gens comme ça », a-t-il déploré. « Nous devons surveiller les mosquées [...] et nous devons surveiller la communauté », a-t-il ajouté.

« Il y a des milliers de gens qui vivent aux États-Unis et qui ont la même haine dans leur coeur que lui, et nous devons savoir qui ils sont », a-t-il lancé.

Donald Trump a aussi repris l'argumentaire du lobby des armes à feu en avançant que la tragédie ne se serait pas produite si toutes les personnes qui se trouvaient dans la discothèque où a eu lieu la tuerie avaient été armées.

Le tireur qui a ouvert le feu à la discothèque Pulse d'Orlando s'est réclamé du groupe armé État islamique (EI) avant de se livrer au massacre de 49 personnes. Les autorités américaines précisent toutefois que rien ne permet de lier Mateen à l'EI pour l'instant.

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