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Fusillade de Las Vegas : Hillary Clinton s'attaque au lobby des armes à feu

Après la fusillade de Las Vegas, l'ex-candidate démocrate à la présidence Hillary Clinton s'en est prise aux élus républicains et à la puissante National Rifle Association (NRA) qui prônent un assouplissement des règles d'obtention des armes à feu.

Sur son compte Twitter, Hillary Clinton a présenté ses condoléances aux familles des victimes qui ont été tuées après qu’un homme eut ouvert le feu sur une foule lors d’un festival de musique country, à Las Vegas.Du même coup, l’ancienne candidate à la présidence s’est demandé combien de morts y aurait-il eus si le tireur avait pu utiliser un silencieux, faisant ainsi référence aux récentes pressions exercées par des élus républicains et la National Rifle Association pour que les règles d’obtention de silencieux soient assouplies.

Un puissant lobbySelon Francis Langlois, membre associé de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, « l’absence de débat est surtout liée au fait que le lobby des armes à feu est extrêmement influent et efficace » aux États-Unis.Avec un budget annuel de près de 250 millions de dollars, l’organisme se positionne sur l’échiquier politique en investissant dans les campagnes électorales. Ses membres arrivent à mobiliser les gens et sont en mesure de « délivrer des votes à des élus » et d’influencer le processus législatif, par exemple en bloquant des projets de loi, explique M. Langlois.La NRA tire sa force de sa base militante particulièrement motivée, qu’elle recrute dans l’importante « partie de la population qui estime que [le port d’arme à feu] est un droit inaliénable », ajoute-t-il.Près des deux tiers des Américains se disent favorables à un renforcement du contrôle des armes à feu, sans toutefois considérer ce problème comme l’une de leurs priorités.Outre ses ressources financières, la NRA est reconnue pour ses actions ciblées, comme la tenue de manifestations ou la propagation de contenus sur les réseaux sociaux, qui peuvent faire taire les élus les plus réfractaires.

Un débat loin d'être à l'ordre du jour

Lors d'un point de presse à la Maison-Blanche, lundi, la porte-parole Sarah Huckabee Sanders a soutenu que l'heure n'était pas à débattre du contrôle des armes à feu.

Selon Francis Langlois, cette obstination du camp républicain à ne pas vouloir ouvrir le débat peut notamment s'expliquer par les liens qu'entretiennent le président américain et la NRA. Donald Trump a lui-même reçu l’appui du puissant lobby dès le lancement de la course à la présidence de 2016. La NRA a investi près de 30 millions de dollars dans la campagne électorale du magnat de l’immobilier.

« Il y a peu de chances que [Trump] se retourne contre ses alliés et demande un renforcement de la législation », estime M. Langlois, qui rappelle que les deux chambres du Congrès américain sont contrôlées par les républicains.

Depuis son arrivée au pouvoir, le 45e président des États-Unis s'est évertué à démanteler le maigre héritage de Barack Obama sur la question, malgré les demandes répétées des élus démocrates pour que le Congrès agisse dans le dossier des armes à feu.

En plus du projet de loi pour faciliter l'accès aux silencieux pour armes à feu, les leaders républicains ont aussi mis de l'avant une initiative pour permettre aux titulaires de permis de port d'arme dissimulée de voyager armés d'un État à l'autre.

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