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Fusillade en Oregon : Roseburg toujours en crise

Quelques jours après la fusillade dans laquelle dix personnes sont mortes, la poussière commence à retomber à Roseburg en Oregon. Il faut dire que dans la ville endeuillée, bien peu de gens ont eu le temps de se recueillir puisqu'ils devaient, bien malgré eux, gérer la crise dont leur ville est devenue le théâtre.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

En quelques heures, Roseburg, une ville de 22 000 habitants du sud de l'Oregon, est devenue le centre de l'attention médiatique aux États-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde. Dans les heures qui ont suivi la fusillade sur le campus du Collège Umpqua, des représentants de médias ont convergé par dizaines vers Roseburg.

Les caméras et les camions satellites étaient visibles presque partout en ville comme jamais auparavant. Grands médias américains, mais aussi journalistes de réseaux canadiens, français et chinois étaient sur place.

« Nous aurions souhaité ne jamais avoir à organiser quoi que ce soit du genre. Les organisations comme la nôtre ont des plans d'urgence, pas des plans pour tragédies », explique Lance Colley, le directeur général de la ville.

Il ajoute que les tâches de gestion, de sécurité et de communication ont rapidement été divisées entre la ville, la police, le personnel du collège où s'est déroulée la fusillade, ainsi que les pompiers. « Cela reste très difficile », ajoute-t-il en notant que bien des gens qui ont travaillé à gérer la crise connaissent les familles qui ont perdu des proches.

Vendredi après-midi par exemple, tout le monde était secoué pendant la conférence de presse au cours de laquelle les autorités ont dévoilé l'identité des neuf victimes du tireur, âgées de 18 à 67 ans.

C'était particulièrement le cas du responsable du département de lutte contre les incendies du Comté de Douglas, Greg Marlar qui était en sanglots. C'est que parmi les noms dévoilés, il y avait celui de Treven Anspach, un jeune homme de vingt ans dont le père travaillait sous les ordres de Greg Marlar.

Pendant les jours qui ont suivi la fusillade, les hôtels affichaient presque tous complet. Dans les couloirs, on pouvait apercevoir journalistes, mais aussi représentants du FBI et de l'agence de santé publique fédérale américaine.

« Cela a été très difficile pour certains employés », lance une réceptionniste dans un hôtel de la région. « Certains avaient des enfants qui étudiaient sur le campus, mais quand on a appris qu'il y avait une fusillade, ils ne pouvaient pas vraiment se tenir au courant de ce qui se passait, parce qu'ici, le téléphone sonnait sans arrêt », ajoute-t-elle.

Des appuis venus nombreux

« Tout le monde fait ce qu'il peut, nous ne comptons pas les heures. Les gens travaillent comme des fous, mais cela ne les dérange pas. Tout ce qu'ils veulent c'est aider », explique Lance Colley qui ajoute que les appuis sont venus nombreux.

Polticiens de la région et de l'État se sont succédé à Roseburg et la ville a reçu des lettres et des messages d'appui venant de partout aux États-Unis et du monde entier. Une solidarité qui, selon le maire Larry Rich, est grandement appréciée dans sa communauté qui aura besoin d'énormément de temps pour se relever.

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