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Fusillade mortelle en Belgique : l'assassin visait des policiers, confirment les autorités

L'auteur de la tuerie de Liège, qui a fait trois morts et quatre blessés mardi matin, visait délibérément les policiers, confirment les autorités belges. À l'exception d'un civil tué dans sa voiture, toutes les victimes sont membres des forces de l'ordre. L'assaillant, abattu par les policiers, serait un détenu qui bénéficiait d'une permission de sortie. La piste terroriste est privilégiée.

L'attaque en question s'est produite vers 10 h 30 sur le boulevard d'Avroy, dans le centre-ville de Liège, une ville d'environ 200 000 habitants située à 100 km au sud-est de Bruxelles, après qu'un homme muni d'une « arme blanche » eut « pris en filature » deux policières.

L''homme a agressé les deux policières « par l'arrière, leur donnant de multiples coups de couteau », a révélé le procureur de Liège, Philippe Dulieu en conférence de presse. « Il s'est ensuite emparé de leur arme de service, s'est servi des armes de service sur les policiers, lesquels sont décédés ».

Poursuivant son chemin à pied, l'assaillant a ensuite ouvert le feu sur un jeune homme de 22 ans assis du côté passager d'un véhicule stationné tout près, le tuant sur le coup, avant d'aller se réfugier à l'Athénée Léonie de Waha, une école primaire et secondaire située tout près, où il a pris une employée en otage.

Les agents du peloton antibanditisme de la police de Liège sont alors arrivés sur place, et n'ont pas tardé à être pris pour cible par le tireur.

Dans un point de presse subséquent, le chef de corps de la police de Liège, Christian Beaupère, a précisé que quatre policiers ont été blessés et transportés à l’hôpital, au terme de cette intervention. Deux ont été touchés aux jambes, et deux autres aux bras.

L’un d’eux a déjà quitté l’hôpital, mais trois autres y demeurent. Cela inclut un policier qui a été gravement touché au niveau de l’artère fémorale et dont la vie est considérée en danger.

Selon M. Beaupère, les deux policières tuées étaient âgées de 45 et 53 ans. La première était la mère d'un garçon de 25 ans, tandis que la seconde avait des jumelles de 13 ans « qui étaient déjà orphelines de leur père. »

Selon le quotidien belge Le Soir, le jeune homme tué dans son véhicule était un élève de la Haute École de Liège, qui aspirait à devenir instituteur.

Selon Le Soir, l'employée prise en otage pendant un instant s'en est tirée indemne, et les élèves de l'école n'ont jamais été en contact avec le tireur.

La piste terroriste est évoquée

Le parquet de Liège a rapidement indiqué que l'enquête a été confiée au parquet fédéral belge, compétent en matière de terrorisme. « L'affaire a été mise à l'instruction avec qualification d'infraction terroriste », a d'ailleurs précisé le procureur Dulieu.

« Il y a des éléments qui vont dans la direction d'un acte terroriste », avait préalablement commenté un porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Der Sypt.

Aucun responsable n'a cependant commenté des informations de presse selon lesquelles l'assaillant aurait crié « Allah Akhbar » (Dieu est le plus grand) au moment de son attaque.

Les autorités n'ont pas divulgué le nom de l'assaillant.

De nombreux médias belges avancent toutefois qu'il s'agit de Benjamin Herman, un homme bien connu des autorités pour divers faits de droits communs (vol, coups et blessures, trafic de drogues) et considéré comme très violent.

Selon la RTBF, le ministre belge de la Justice, Koen Geens, a confirmé que l'assaillant purgeait une peine de prison, mais qu'il profitait d'un congé pénitentiaire de deux jours pour préparer sa réinsertion en vue de sa libération, prévue en 2020. Il devait réintégrer la prison mardi.

L'homme avait déjà obtenu 11 autorisations de sortie d'un jour et de 13 congés pénitentiaires de deux jours qui s'étaient bien déroulés, selon le ministre Geens, et il était donc difficile de prévoir que cela se passerait mal à la quatorzième fois.

La RTBF affirme en outre que Benjamin Herman était soupçonné de radicalisme, et qu'il était fiché depuis 2017 par la Sûreté de l'État.

Lors d'un séjour en prison, il « est soupçonné d'avoir été radicalisé par une personne [...] enfumé par la pensée islamiste », ce qui lui valait d'être signalé comme tel dans une banque de données criminelles, a également indiqué une source proche de l'enquête à l'Agence France-Presse.

Malgré cette attaque, les autorités belges ont décidé de ne pas relever le niveau de menace terroriste sur le territoire; il demeure de niveau 2 sur une échelle qui en contient 4.

Les corps de police et les forces armées sont en état d'alerte en Belgique depuis que des attaques revendiquées par le groupe armé État islamique ont fait 32 morts à l'aéroport de Zaventem et à la station de métro de Maelbeek, à Bruxelles, le 22 mars 2016.

Liège est située à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Verviers, où une cellule terroriste qui s'apprêtait à commettre des attentats contre des policiers a été démantelée en janvier 2015.

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