Les dirigeants des principales économies de la planète réunies à Hambourg dans le cadre du G20 depuis vendredi sont parvenus à un accord sur un communiqué final commun qui exprime toutefois les divergences entre Washington et ses partenaires sur l'Accord de Paris et en matière de commerce international.

« Nous prenons note de la décision des États-Unis d'Amérique de se retirer de l'Accord de Paris », affirme le communiqué qui précise que pour les dirigeants des autres États membres du G20 « l'Accord de Paris est irréversible ».

La chancelière allemande, Angela Merkel, a indiqué que les discussions qui se sont clôturées samedi ont été par moment « difficiles », qualifiant la position américaine sur l'Accord de Paris sur le climat de « regrettable ».

« Il est très clair que nous ne sommes pas parvenus à un consensus, mais les divergences n'ont pas été occultées, elles ont été clairement exprimées », a déclaré la chef du gouvernement allemand.

Plus tôt samedi, le président russe Vladimir Poutine avait assuré que son pays respecterait ses engagements en vertu de l'accord de Paris. Le président français, Emmanuel Macron, avait salué cet engagement formulé, le qualifiant de « très important ».

En ce qui concerne l'autre enjeu majeur discuté, celui du commerce international, les dirigeants des 20 premières économies mondiales affirment être d'accord pour « combattre le protectionnisme incluant toutes les pratiques commerciales déloyales et reconnaissent le rôle des instruments légitimes de défense du commerce à cet égard ».

Dans leur communiqué commun, les 20 chefs d'État et de gouvernement s'engagent également à lutter contre le terrorisme, seul point consensuel du sommet, précise-t-il.

Le texte évoque en outre la nécessité de réduire les surcapacités dans le secteur de l'acier, après les menaces brandies par Washington d'imposer des mesures protectionnistes contre la Chine et l'Union européenne.

Pressions sur Trump

Ce sommet, qui se déroule plus d'un mois après ceux du G7 et de l'OTAN, s'annonçait comme l'un des plus conflictuels de ces dernières années.

Les tensions se sont en effet multipliées entre Washington et ses partenaires, après les critiques émises par le président américain contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les excédents commerciaux de l'Allemagne et la surproduction d'acier par la Chine.

Tout au long de la journée de vendredi, les partenaires des États-Unis ont accentué la pression sur Donald Trump, l'invitant à revenir sur sa décision de sortir de l'Accord de Paris sur le climat et à assouplir sa position en matière de protectionnisme économique.

Après les membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le premier ministre canadien Justin Trudeau et la première ministre britannique Theresa May, Emmanuel Macron a tenté de convaincre Donald Trump des limites du protectionnisme qu'il défend, lors d'une session consacrée au commerce.

Le Sommet du G20 a été en majeure partie éclipsé par la rencontre attendue entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.

Ce premier tête-à-tête entre les deux dirigeants, qui soutiennent des camps rivaux en Ukraine et en Syrie, a duré plus de deux heures et n'a pris fin, selon la délégation américaine, que lors de l'entrée de Melania Trump dans la pièce.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pacifiquement dans les rues de Hambourg, samedi, au dernier jour du sommet du G20, quelques heures après des affrontements violents entre des émeutiers masqués et la police.

Marchant près des rues où des manifestations violentes ont eu lieu pendant la nuit, les manifestants chantaient, dansaient et jouaient de la musique alors que les dirigeants du monde se préparaient à quitter la ville portuaire allemande.

Selon les organisateurs, quelque 78 000 manifestants ont participé, alors que la police avait estimé la foule à environ 30 000 personnes.

En deux jours de manifestations, 213 policiers ont été blessés, pour la plupart légèrement. Quinze mille hommes ont été déployés à Hambourg, mais les forces de l'ordre ont dû demander des renforts pour faire face à la multiplication des violences.

Les policiers ont arrêté 143 personnes lors des différentes manifestations.

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