Retour

Gabon : la Cour constitutionnelle valide la réélection du président Bongo

La Cour constitutionnelle du Gabon a validé vendredi soir la réélection du président Ali Bongo Ondimba en rejetant la requête de l'opposant Jean Ping, qui contestait le résultat de l'élection du 27 août dernier. Ali Bongo a aussitôt lancé un appel à un « dialogue politique » avec l'opposition.

Cette décision, attendue, laisse craindre de nouvelles violences après des émeutes meurtrières qui avaient éclaté début septembre, en réaction à l'annonce de la très courte victoire d'Ali Bongo, avec 49,80 % des suffrages contre 48,23 % pour Jean Ping, soit moins de 6000 voix d'écart.

Tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin, la cour a indiqué vendredi que M. Bongo gardait une avance sur son rival, qui s'était proclamé élu après l'élection.

La cour a annulé les scrutins dans 21 circonscriptions de la capitale, Libreville, mais elle juge qu'Ali Bongo a tout de même remporté l'élection avec 50,66 % des voix, contre 47,24 % pour M. Ping.

Le 8 septembre, Jean Ping a saisi la cour pour demander notamment un recomptage des bulletins de vote dans le Haut-Ogooué, fief du président sortant dans le sud-est du pays. M. Bongo y a été crédité de 95 % des suffrages avec un taux de participation de 99,9 % - alors que le taux de participation était de 59,46 % dans l'ensemble du pays.

La Cour constitutionnelle a refusé d'accepter comme preuves les feuilles de pointage fournies par Jean Ping pour soutenir son accusation de fraude électorale. La plupart étaient illisibles, a jugé la cour.

Les alliés d'Ali Bongo ont soumis pour leur part des preuves contraires et affirment que la fraude électorale a été orchestrée par le chef de file de l'opposition.

Ali Bongo salue la décision du tribunal

« J'appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l'élection du 27 août, à un dialogue politique », a dit Ali Bongo dans une allocution télévisée après l'annonce de la décision de la cour.

« Lorsqu'au sortir d'une élection des familles pleurent des morts, c'est une trahison de la démocratie », a souligné le chef de l'État, ajoutant « plus jamais ça ».

Pour sa part, un porte-parole de Jean Ping, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a déclaré après l'annonce de la cour que « nul ne peut contester le fait que Jean Ping a largement gagné cette élection ». Il a ajouté que M. Ping ferait une déclaration samedi matin.

Les rues de Libreville étaient désertes vendredi soir, de nombreux habitants redoutant de nouvelles violences si la cour validait la réélection du président sortant. Un dispositif policier et militaire très important était déployé dans le centre de la capitale.

La famille Bongo dirige le Gabon depuis un demi-siècle. Ali Bongo, 57 ans, a succédé à son père, Omar, à la mort de celui-ci en 2009.

Plus d'articles

Commentaires