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Gambie : le président élu appelle Yahya Jammeh à reconnaître sa défaite

Le président désigné de la Gambie, Adama Barrow, a appelé samedi le président sortant, Yahya Jammeh, à reconnaître sa défaite. Ce dernier a déclaré vendredi soir qu'il ne reconnaissait plus les résultats de l'élection.

« Je l'exhorte à changer de position et à accepter de bonne foi le verdict du peuple », a martelé M. Barrow à la sortie d'une réunion de l'opposition à son domicile.

Adama Barrow, le candidat d'une coalition de l'opposition, a remporté l'élection présidentielle en Gambie le 1er décembre dernier, avec 45,5 % des voix.

Au lendemain du scrutin, M. Jammeh avait facilement reconnu sa défaite. Il a toutefois changé d'avis vendredi soir en raison d'« erreurs inacceptables » de comptabilisation reconnues par les autorités électorales, qui ont resserré l'écart entre les deux candidats à 19 000 votes, mais accordent toujours la victoire à M. Barrow.

« Tout comme j'ai loyalement accepté les résultats, en croyant que la Commission électorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité », a-t-il déclaré dans un discours télévisé.

« Je n'accepterai pas les résultats sur la base de ce qui est arrivé », a-t-il répété, réclamant une nouvelle élection.

Le président sortant a en outre prévenu vendredi qu'il ne tolèrerait aucune manifestation dans les rues. Samedi, les forces de sécurité gambiennes ont été déployées en masse à Banjul, la capitale du pays.

Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, avait déjà affirmé à la BBC dans le passé qu'il comptait gouverner son pays pendant « un milliard d'années ».

Impénétrable à la pression internationale

Le brusque revirement du président sortant a fait réagir la communauté internationale, mais M. Jammeh reste sourd à toute condamnation.

Le Sénégal, seul voisin terrestre de la Gambie, a annoncé vendredi qu'il « rejette et condamne fermement » la décision de Yahya Jammeh dans un communiqué, exigeant que ce dernier collabore avec son successeur pour assurer « une transition pacifique ».

Les États-Unis ont également critiqué la déclaration du président sortant, qualifiant ce revirement de « violation répréhensible et inacceptable de la confiance du peuple de la Gambie ».

L'Union africaine, la Communauté économique des États de l'Afrique et le représentant de l'Organisation des Nations unies en Afrique de l'Ouest ont appelé le gouvernement gambien à « respecter le verdict des urnes et [à] garantir la sécurité du président élu Adama Barrow et de tous les citoyens gambiens » dans un communiqué conjoint.

Amnistie internationale a pour sa part demandé aux forces de sécurité « [de] faire preuve de retenue si les Gambiens décident d'exercer leur droit à protester pacifiquement », également par voie de communiqué.

M. Jammeh a assuré, toutefois, que « l'intervention de puissances étrangères ne changerait rien » à sa décision.

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