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Gina Haspel confirmée à la tête de la CIA par le Sénat américain

Le Sénat américain a validé la nomination de Gina Haspel à titre de directrice de la CIA, malgré son rôle controversé dans des programmes de torture après les attentats du 11 septembre 2001.

Mme Haspel, 61 ans, deviendra la première femme à prendre la tête de l'agence américaine de renseignement.

Choisie par Donald Trump, elle a passé 33 ans au sein de l'agence établie à Langley, en Virginie. Elle est la directrice adjointe de la CIA depuis 2017.

Le président américain s’est d’ailleurs empressé d’écrire sur son compte Twitter : « Félicitations à notre nouvelle directrice de la CIA, Gina Haspel! »

Le décompte des votes a été de 54-45 en faveur de sa nomination. Une simple majorité de la chambre composée de 100 membres était nécessaire pour obtenir une confirmation.

Une demi-douzaine de démocrates, dont le sénateur de Virginie Mark Warner, ont soutenu sa candidature aux côtés de la plupart des républicains.

L'une des voix dissidentes du Grand Old Party, le sénateur de l'Arizona John McCain, n'était cependant pas présent pour le vote, lui qui souffre d'un cancer du cerveau. Son collègue de l'Arizona, Jeff Flake, ainsi que le sénateur Rand Paul (Kentucky) ont été les deux républicains à voter contre la nomination, avec les autres démocrates.

Directrice d'une prison secrète

La candidature de Gina Haspel a ainsi été approuvée malgré la vive controverse qu'elle a provoquée.

Plusieurs lui reprochaient avoir dirigé en 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande où les détenus, soupçonnés d'appartenir au réseau terroriste Al-Qaïda, étaient fréquemment torturés.

Plus tard, dans le cadre de ses hautes responsabilités au sein de l'agence centrale de renseignement, elle a été impliquée dans la destruction de vidéos montrant des « interrogatoires renforcés », selon l'euphémisme utilisé sous le gouvernement de George W. Bush.

Ces séances de torture incluaient notamment des simulations de noyade. Ces programmes ont été bannis par le démocrate Barack Obama, qui a succédé à M. Bush.

En raison de la tourmente, Gina Haspel a même envisagé de retirer sa candidature.

Le 9 mai dernier, devant le Congrès américain, elle a promis de ne pas recourir à la torture, même sur ordre du président.

L’inquiétude des élus

Plusieurs élus, démocrates comme républicains, s’étaient dits troublés par cette nomination attendue et avaient même exhorté le Sénat à voter contre la nomination de Mme Haspel.

C’est le cas notamment de John McCain. Lui-même victime de torture lorsqu’il était prisonnier de guerre au Vietnam, il a dit que les États-Unis envoyaient un mauvais message en approuvant la candidature de Gina Haspel.

Il a souligné que le pays devait assurer sa sécurité en utilisant seulement des méthodes « justes et conformes aux valeurs auxquelles nous aspirons et voulons faire la promotion dans le monde ».

De son côté, Mark Warner, vice-président démocrate de la commission sénatoriale sur le renseignement, appuyait la candidature de Gina Haspel.

D’ailleurs, dans un discours qu’il a prononcé avant le vote du Sénat jeudi, il s’est dit convaincu qu’elle sera capable de « s'opposer au président si elle reçoit l'ordre de faire quelque chose d'illégal ou d'immoral, comme un retour à la torture ».

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