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Grève générale de deux jours au Venezuela à l’appel de l’opposition

L'opposition vénézuélienne a lancé un appel à une grève générale de deux jours, mercredi et jeudi, assorti d'un ultimatum au président Nicolas Maduro.

La grève générale de l’opposition intervient quatre jours avant l’élection d’une Assemblée constituante décriée par les antichavistes qui considèrent que ce scrutin n'est pas équitable.

Pour ces derniers, Nicolas Maduro, à travers son projet constitutionnel, manœuvre pour s’accrocher au pouvoir, contourner le Parlement et éviter l’élection présidentielle prévue fin 2018.

Selon l'institut de sondage Datanalisis, quelque 70 % des Vénézuéliens sont opposés à l'Assemblée constituante.

Un climat de tension règne toujours dans le pays et plusieurs craignent encore de nouvelles violences sur le terrain de la contestation. Pour preuve, la veille du débrayage de 48 heures, de nombreux Vénézuéliens faisaient le plein de provisions ou s'apprêtaient à quitter le pays.

Des milliers de Vénézuéliens, décidés à émigrer ou à se réapprovisionner, traversent la frontière avec la Colombie, inquiets que la crise dans leur pays n'empire avec l'élection prévue dimanche.

« On a dû avancer le voyage, car les élections ont lieu dimanche et on ne sait vraiment pas ce qui va se passer. Pour être plus en sécurité, on a préféré passer » de l'autre côté, a déclaré à l'AFP Maria de los Angeles Pichardo, qui est arrivée mardi côté colombien, au côté de son époux et de son fils.

Pour leur part, les antichavistes maintiennent la pression sur le pouvoir avec des actions de terrain.

Appel au boycott

Outre l'appel au boycott de l'élection de la Constituante, dimanche, l'opposition a également prévu une grande manifestation à Caracas vendredi.

Le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles a appelé les Vénézuéliens à « donner le tout pour le tout » lors de la grève de mercredi et jeudi et de la marche de vendredi. « Maduro veut isoler le Venezuela du monde démocratique », a-t-il averti.

Figure de proue de la dissidence au sein du camp chaviste, la procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, a appelé les citoyens à la mobilisation contre l'Assemblée constituante et dénoncé « les persécutions et les abus » commis par le pouvoir.

Dès lundi, les opposants étaient mobilisés pour faire capoter l'élection de dimanche prochain. Des affiches décriant le scrutin ont fait leur apparition devant les centres de vote. « Nous ne voulons pas être Cuba », pouvait-on notamment lire sur l'une des affiches.

En dépit du contrôle par le gouvernement de l’industrie pétrolière et de la fonction publique avec ses trois millions d’employés, le monde syndical soutient les initiatives de l’opposition. Les principales centrales syndicales ont apporté leur soutien à la mobilisation lancée par l'opposition. « C'est une grève historique qui tente d'arrêter la tyrannie », a déclaré la dirigeante syndicale, Marcela Maspero.

Pression internationale

La pression internationale sur Caracas a augmenté ces derniers jours. Washington a menacé le président Maduro de sanctions, et plusieurs gouvernements d'Amérique latine et d'Europe l'ont appelé à renoncer à son Assemblée constituante.

Faisant fi de ces menaces, le président vénézuélien, dont le mandat s'achève en janvier 2019, a réaffirmé sa détermination, sommant l'opposition de « respecter le droit du peuple à voter librement » et « sans violence ».

L’opposition, regroupée autour de la Table de l'unité démocratique (MUD), organise depuis près de quatre mois des manifestations presque quotidiennes contre le chef de l'État vénézuélien, dont elle réclame le départ.

Depuis le début de cette vague de manifestations, plus de 100 personnes ont été tuées et des milliers ont été blessées, en plus des centaines d'arrestations.

L'opposition a lancé vendredi une autre initiative en signe de défi envers le pouvoir en élisant une Cour suprême parallèle. Les antichavistes, qui contrôlent le Parlement depuis les élections législatives de décembre 2015, ne reconnaissent pas la légitimité de l'actuel Tribunal suprême de justice (TSJ, Cour suprême).

Ils ont donc élu 33 nouveaux magistrats pour constituer un TSJ parallèle, dont trois de ses juges ont été déjà arrêtés.

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