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Haïti : l'angoisse de la mère d'un demandeur d'asile

Malgré l'inquiétude qui la ronge, Joanette St-Louis préfère voir son fils tenter sa chance au Canada que de revenir en Haïti.

Un texte de Philippe Leblanc, envoyé spécial à Haïti

Accroupie devant un large plat de fer remplie d'eau, la sueur perlant sur son front frappé par le soleil de midi, Joanette St-Louis lave quelques assiettes.

Elle vit avec ses petits enfants dans une petite maison de béton au toit de tôle construite récemment. C'est grâce à son fils Kichenel qu'elle a pu acheter cette résidence dans un des quartiers les moins chaotiques de Croix-des-Bouquets.

« Il m'envoyait souvent des sommes de 50 à 60 dollars américains et autant pour chacun de ses neveux et nièces qui vivent ici », affirme-t-elle doucement en créole.

Kichenel St-Louis a quitté Haïti en quête d'une vie meilleure en Floride il y a quelques années.

Sa mère ne se souvient plus trop quand il est parti. Était-ce avant ou après l'assassinat de ses frères pour des raisons politiques? Joanette St-Louis est trop inquiète pour son fils pour s'en rappeler.

« Il ne travaille pas en ce moment et je ne sais pas quand je pourrai lui reparler », ajoute-t-elle.

Le retour en Haïti impossible

Joanette St-Louis essaie de suivre le conseil de son fils, Kichenel. Il lui a demandé de ne pas s'inquiéter pour lui ou pour son arrivée au Canada. Mais les journées sont longues et angoissantes.

Elle souhaite que le gouvernement canadien aide rapidement son fils et les milliers d'autres demandeurs d'asile.

« Kichenel est un bon garçon, il cherche simplement à nous aider », dit-elle.

Alors pourquoi ne rentre-t-il tout simplement pas en Haïti? Ne serait-ce pas une solution intéressante qui permettrait à Joanette de revoir son fils pour la première fois après tant d'années?

« Non! Je mourrais s'il revenait en Haïti », dit-elle les larmes aux yeux et la voix brisée.

Ses proches connaissent Joanette St-Louis comme une femme souriante, enjouée et blagueuse. Mais pas aujourd'hui, pas depuis des semaines.

Elle ne pense qu'à son fils Kichenel, à l'avenir qu'elle espère pour lui au Canada, au délai insupportable avant de savoir si le gouvernement canadien acceptera sa demande de réfugié.

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