L'ouragan Harvey a été rétrogradé au rang de tempête tropicale, mais les résidents du Texas ne sont pas au bout de leurs peines. Les vents destructeurs et les pluies torrentielles, qui ont fait au moins deux morts et détruit des villes entières, font craindre de graves inondations.

La première personne qui a perdu la vie est morte dans l'incendie de sa maison à Rockport, une petite ville de 10 000 habitants à 50 km environ au nord de Corpus Christi.

En fin de soirée samedi, la police de Houston a annoncé que la tempête avait fait une deuxième victime. Une femme est décédée après avoir été piégée dans sa voiture.

En conférence de presse, le maire de Houston, Sylvester Turner, a mentionné que les autorités craignaient qu'un motocycliste soit décédé dans une inondation. Le travail des services d'urgence étant compliqué par les fortes pluies, il n'était toutefois pas en mesure donner plus de détails.

Les intempéries ont aussi fait une douzaine de blessés et on craint que le bilan ne s'alourdisse.

De nombreux résidents, qui ont décidé de demeurer dans leur maison malgré les forts vents, se sont aussi retrouvés pris au piège. C’est le cas de Sandra Miller qui voulait rester chez elle pour protéger le peu qu’elle possédait.

« Mauvais choix! Je me sentais en confiance dans ma maison, mais je ne réalisais pas ce que serait cet ouragan et maintenant, je le sais! », a-t-elle raconté à notre envoyée spéciale Laurence Martin.

Plus tôt dans la journée, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a affirmé qu'environ 1800 militaires participaient aux opérations de recherche et de sauvetage. Des hélicoptères de l'armée sont également déployés sur les lieux.

Le gouverneur a aussi confirmé que le Texas avait étendu à 20 comtés supplémentaires l'état de catastrophe naturelle qui débloque automatiquement certains fonds d’urgence de l’État fédéral.

Lorsque Harvey a touché terre vendredi soir, il était classé de catégorie 4 sur une échelle de 5 par le Centre national des ouragans (NHC), puis il a changé graduellement de catégorie dans les heures suivantes.

Mais sur son passage, Harvey a laissé derrière lui des arbres déracinés, des toitures arrachées et des véhicules endommagés. Environ 4500 détenus emprisonnés dans trois prisons ont dû être évacués. Samedi soir, environ 300 000 Texans étaient privés d’électricité.

La vitesse de déplacement très faible de la tempête et les forts vents de 112 km/h menacent maintenant d'inondations l'ensemble de la côte texane. Jusqu'à 1 mètre d'eau devrait tomber sur la zone. Harvey pourrait causer des marées hautes de 4 à 6 mètres.

Le plus puissant ouragan à frapper les États-Unis depuis 2005 pourrait rendre certaines zones « inhabitables pendant des mois », a averti le NHC. L'ouragan « devrait ralentir dans le courant de la journée et serpenter au-dessus du sud-est du Texas jusqu'au milieu de la semaine prochaine », a précisé le Centre.

« Il n'y a rien que nous puissions faire en ce moment […] Nous sommes confinés à la caserne », affirmait alors le chef du Département des incendies, Steve Sims, précisant qu'il leur fallait attendre des conditions plus clémentes pour pouvoir circuler de manière sécuritaire dans la petite ville de 10 000 habitants.

« Aussi loin que je me souvienne, je ne pense pas qu'il y ait eu quelque chose de ce genre » auparavant, a affirmé un chercheur spécialisé dans les ouragans de l'Université de Miami, Brian McNoldy.

Le souvenir de Katrina

Plusieurs spécialistes ont fait un rapprochement entre Harvey et l’ouragan Katrina, qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005. De catégorie 3, Katrina avait fait 1800 morts et mis le président d’alors, George W. Bush, sur la sellette, à cause de la lenteur de sa réaction.

Le gouverneur du Texas, Greg Abott, a dit être conscient qu’il s’agirait fort probablement d’une catastrophe majeure. Lorsqu’il a frappé la côte vendredi vers 22 h, en provenance du golfe du Mexique, les vents balayaient tout sur leur passage avec des rafales allant jusqu’à 215 km/h. La force de la tempête a fait fuir des milliers d’habitants à l’intérieur des terres et transformé Corpus Christi, une petite cité industrielle de 300 000 habitants, en ville fantôme.

Toute la journée, les autorités locales ont tenté de convaincre les citoyens de ne pas rester chez eux. « Partez. Partez maintenant », a ainsi supplié le maire par intérim de Rockport, Patrick Rios. Bien qu’au moins 60 % des habitants soient partis, il restait de nombreux récalcitrants à qui on a conseillé d’écrire sur leur bras, au crayon-feutre, leur numéro de sécurité sociale. En cas de décès, cela rend l’identification des corps plus facile.

Répercussions sur l'industrie pétrolière

Un quart de la production pétrolière américaine du golfe du Mexique a été mise à l'arrêt en raison du passage de Harvey.

Cela équivaut à près de 429 000 barils par jour (bpj) sur un total de 1,75 million de bpj extraits dans le golfe du Mexique. Concernant le gaz naturel, 26 % de la production américaine dans le golfe a cessé.

Avant même que Harvey ait touché terre vendredi, l’industrie pétrolière avait déjà ressenti ses effets. Le prix du baril a grimpé, alors que l’ouragan continue sa trajectoire dans une zone des États-Unis où se trouvent d’importantes raffineries.

Plus de 45 % des raffineries des États-Unis se trouvent le long de la côte et près de 20 % du pétrole brut des États-Unis est produit dans le golfe du Mexique.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une crampe musculaire vraiment intense





Rabais de la semaine