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Hausse des GES, écosystèmes bouleversés : la planète appelle à l'aide

Les mises en garde quant à l'avenir de la planète se multiplient alors que se poursuivent en Allemagne les travaux de la 23e conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Ainsi, le jour même où quelque 15 000 scientifiques interpellent le monde sur l'état des écosystèmes, une étude confirme qu'après trois ans de stabilité, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) sont de nouveau en hausse en 2017.

Dans son douzième bilan annuel, réalisé par des scientifiques du monde entier, le Global Carbon Project estime que les émissions de CO2 liées à l'industrie et à la combustion d'énergies fossiles devraient croître en moyenne de 2 % cette année par rapport à 2016, après des années 2014 à 2016 quasiment stables.

Les émissions de GES pourraient atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes en 2017, 41 milliards si on y ajoute l'impact déforestation, notent les auteurs de l'étude, publiée dans les journaux Nature Climate Change, Environmental Research Letters et Earth System Science Data.

« Le monde n'a donc pas atteint son pic d'émissions. Cela montre qu'il faut agir plus fortement. Il faut oublier toute autosatisfaction », notent-ils.

Les scientifiques soulignent que si des solutions rapides ne sont pas adoptées pour diminuer les émissions de CO2, il sera difficile de parvenir à l’objectif fixé par l'accord de Paris contre le réchauffement climatique, adopté fin 2015.

Selon les auteurs de l'étude, l’utilisation des énergies renouvelables se développe de manière remarquable, en hausse de 14% par an ces cinq dernières années, mais il faudra « quelques années pour qu'elles aient un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2 ».

La Chine en cause

La Chine, le principal émetteur mondial de GES, est largement à l'origine de l’augmentation des émissions cette année, en raison d’une hausse de sa production industrielle et d’une production hydroélectrique diminuée par des épisodes de sécheresse. Le pays asiatique avait pourtant permis d'améliorer la situation lors des dernières années, en réduisant son recours au charbon.

Par ailleurs, aux États-Unis, deuxième principal émetteur de CO2, les émissions devraient baisser moins fortement que dans les dernières années, soit de 0,4 %, contre 1,2 % en moyenne auparavant.

Quant à l'Inde, qui se retrouve troisième sur la liste des principaux émetteurs, elle devrait voir ses émissions croître un peu moins que d’habitude, à 2 %, ce qui devrait toutefois être temporaire, préviennent les chercheurs.

Hypothèse encourageante toutefois, les chercheurs ne croient pas que les émissions de CO2 retrouveront les taux de croissance élevés des années 2000, qui étaient de plus de 3 % annuellement.

Un « deuxième avertissement »

La difficulté qu’ont les pays de la planète à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre pose un grave problème environnemental. Mais ce n’est pas le seul à menacer notre mode de vie, rappelle l’Union of Concerned Scientists dans une déclaration publiée lundi dans la revue BioScience, 25 ans après une première mise en garde.

En 1992, l'ONG, avec plus de 1700 cosignataires, avait émis L'avertissement des scientifiques du monde à l'humanité, dans lequel ils argumentaient que l'impact des activités de l'homme sur la nature allait probablement aboutir « à de grandes souffrances humaines » et à « mutiler la planète de manière irrémédiable ».

« L'humanité ne fait pas ce qui devrait être entrepris de manière urgente pour sauvegarder la biosphère menacée », jugent cette fois les 15 000 auteurs de la déclaration.

Selon eux, depuis 1992, les réponses internationales sont décevantes, en matière de diminution de CO2 émis, mais aussi de disponibilité de l'eau potable, de déforestation, d’extinction de la faune.

Ces scientifiques estiment que la vaste majorité de ces menaces subsistent et que « la plupart s'aggravent ».

Selon eux, depuis 25 ans, la quantité d'eau potable disponible dans le monde per capita a diminué de 26 % et le nombre des zones mortes dans les océans a augmenté de 75 %.

Près de 120,4 millions d'hectares de forêts ont été convertis, pour la plus grande partie en terres agricoles.

La population mondiale a augmenté de 35 % et le nombre de mammifères, de reptiles, d'amphibiens, d'oiseaux et de poissons ont diminué de 29 %.

Les émissions de CO2 et les températures moyennes du globe ont aussi connu un net accroissement, rappellent-ils.

Seul point positif dans leur bilan, les scientifiques soulignent que les mesures internationales prises pour stabiliser la couche d'ozone dans la stratosphère ont été efficaces.

Des recommandations

Les auteurs de la déclaration croient qu’il est encore possible de permettre aux écosystèmes de retrouver leur durabilité.

Ils suggèrent la création d'un plus grand nombre de réserves naturelles terrestres et marines, un renforcement des lois contre le braconnage et des restrictions plus sévères du commerce des produits de la vie sauvage.

Pour freiner la croissance démographique dans les pays en développement, ils préconisent une plus grande généralisation du planning familial et des programmes d'éducation des femmes.

Ils plaident également pour des mesures encourageant un régime alimentaire constitué de plus de plantes et l'adoption à grande échelle des énergies renouvelables et d'autres technologies vertes.

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