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Hommage à la victime de Charlottesville et statues sudistes déboulonnées

Parents et amis célèbrent mercredi les funérailles de Heather Heyer, la femme de 32 ans happée lors de violences qui ont éclaté samedi entre suprémacistes blancs et contre-manifestants. L'enjeu de ce rassemblement d'extrême droite – le retrait d'une statue du général sudiste Robert E. Lee – résonne partout au pays où d'autres monuments de soldats confédérés sont déboulonnés.

« Je suis bouleversé par l’arc-en-ciel de couleurs dans cette salle, a témoigné en larmes le père de la victime de 32 ans. Heather était comme ça. Ça ne lui importait pas d’où vous veniez, elle vous aimait, point. »

Son patron noir Andrew Wilson a relaté qu’un jour, Heather Heyer a rompu avec un ami qui s’était scandalisé qu’elle travaille pour un Afro-Américain. « C’était plus important pour elle de rester à mes côtés, moi qui l’ai embauchée sans diplôme, que de rester dans cette relation. »

Le président américain Donald Trump, qui n’a pas pu se déplacer à Charlottesville, a souligné la mémoire de la victime sur Twitter.

« Service funéraire aujourd’hui pour la belle et incroyable Heather Heyer, une vraie jeune femme spéciale. Elle restera longtemps dans la mémoire de tous! » a-t-il écrit.

Statues retirées

Si une statue du général sudiste Robert E. Lee est à l’origine des débordements de Charlottesville, la manifestation de l’extrême droite a relancé le long débat autour du retrait des statues de militaires favorables à l’esclavagisme et des autres confédérés.

Dans une déclaration écrite, le gouverneur de la Virginie Terry McAuliffe a réclamé mercredi que soient déboulonnés tous les monuments confédérés.

Il a appelé les conseils municipaux de même que l'assemblée législative de son État à retirer ces monuments qui sont devenus des « catalyseurs de haine, de division et de violence », estimant qu'ils seraient davantage à leur place dans des musées. « Cette décision ne m'appartient pas, mais je crois que la voie à suivre est évidente. »

Certains monuments ont déjà disparu, depuis samedi, un peu partout au pays, dont une aux mains des citoyens de Durham, en Caroline du Nord.

À Baltimore, c’est la municipalité qui en a enlevé quatre dans la nuit de mardi à mercredi.

Le pays compte encore 1500 symboles du genre, dont certains se trouvent dans une centaine d’écoles publiques.

Pour les défenseurs du passé confédéré, retirer ces monuments revient à effacer une partie de l’histoire américaine.

Le président Trump, qui dit vouloir garder ses distances sur cette question, laisse pourtant entendre qu’il penche de leur côté.

« George Washington possédait des esclaves. Est-ce qu'on va enlever ses statues? Et Thomas Jefferson? Est-ce qu'on va enlever ses statues? Il possédait beaucoup d'esclaves », a dit le président en référence aux premier et troisième présidents des États-Unis, tous les deux morts bien avant la guerre de Sécession.

« Dans la plupart des cas, préserver l'histoire n'était pas l'objectif véritable de ces installations, fait valoir Richard Cohen, président du Southern Poverty Law Center, un organisme spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques. Elles ont parfois été érigées par provocation par des suprémacistes blancs opposés à l'égalité des Noirs. »

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