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Horreur et stupéfaction au lendemain d'une frappe contre un camp de déplacés en Syrie

L'attaque perpétrée contre un camp de déplacés jeudi, tout près de la frontière turque, soulève l'indignation aux Nations unies, en Europe et aux États-Unis.

Les raids aériens ont tué 28 civils, dont des femmes et des enfants, et fait une cinquantaine de blessés. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que les responsables de ce qui pourrait être considéré comme un crime de guerre devront rendre des comptes et pourraient devoir faire face à de « graves conséquences ».

Mais l'incertitude plane quant aux auteurs de ces raids : le haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al-Hussein, affirme que des rapports préliminaires et encore non vérifiés suggèrent que des avions du régime de Bachar Al-Assad les ont menés, ce que nie Damas. La France, qui a manifesté « la plus forte des condamnations », et la Grande-Bretagne, « horrifiée », montrent aussi du doigt les forces d'Assad. La Maison-Blanche considère que l'attaque menée contre le camp est « indéfendable ».

La Russie, alliée du régime syrien, affirme pour sa part qu'aucun de ses appareils n'a survolé le camp, qui se trouve dans la province d'Idleb, contrôlée par le Front al-Nosra et ses alliés. Moscou avance que les membres du Front, affiliés à Al-Qaïda, ont pu délibérément, ou accidentellement, bombarder le camp.

Des gens originaires d'Alep

Les réfugiés de ce camp proche de la ville de Sarmada , dans le nord-ouest de la Syrie, avaient fui les combats qui ravagent la grande ville d'Alep. Des milliers de civils se sont ainsi retrouvés dans des camps non loin de la Turquie, qui refuse de les laisser entrer.

Sur Internet, des vidéos qui illustreraient l'attaque contre le camp près de Sarmada montrent des tentes en lambeaux, des flammes et d'épaisses fumées noires. Des pleurs et des cris d'enfants se font entendre.

Dans sa déclaration, Ban Ki-moon affirme que l'ONU travaille avec des organismes humanitaires sur le terrain dans le but d'évaluer la situation et d'aider ceux qui ont déserté le camp, de peur d'y subir de nouvelles attaques.

Alep, au coeur de la guerre

Pendant ce temps, une trêve instaurée à Alep, dans la province de Lattaquié, qui devait expirer samedi, a été prolongée de 72 heures, a annoncé le ministère russe de la Défense.

Alep est au coeur de la guerre civile en Syrie, un conflit complexe qui s'étire depuis mars 2011. Les combats de rue, les bombardements, les exécutions et la répression sanglante du régime ont fait plus de 270 000 morts en 5 ans. Plus de la moitié de la population a fui le pays, provoquant une véritable crise humanitaire dans les pays voisins.

Quasi impasse au plan diplomatique

Cette attaque fragilise encore davantage l'accord de cessation des hostilités du 27 février dernier, qui concernait l'ensemble du territoire syrien, à l'exception des secteurs tenus par le groupe armé État islamique (EI) et le Front al-Nosra, qui ont refusé d'y apposer leur signature.

Et dans un autre développement, vendredi, les forces d'opposition au régime syrien rapportent que les forces gouvernementales ont lancé l'assaut sur la prison à Hama, dans le centre du pays. Une mutinerie y avait éclaté lundi, menée par 800 détenus, dont des prisonniers politiques qui protestent contre leurs conditions de détention et contre la peine de mort qui menacent certains d'entre eux.

L'opposition syrienne affirme que les autorités privent les mutins de courant électrique et de nourriture.

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