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Houston, un plan d'évacuation qui « n'était pas pensé »

La Ville de Houston était mal préparée au passage de l'ouragan Harvey et de la tempête tropicale qui a suivi, selon le directeur scientifique de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire de l'UQAM, François Audet.

La préparation et la planification de plans d’urgence en cas de catastrophe naturelle font généralement défaut même dans les pays industrialisés, estime M. Audet, en entrevue à RDI.

« On constate finalement que ça ne prend pas grand-chose, pour des villes organisées ou des régions du monde très bien développées, pour qu'elles subissent des aléas tellement importants qu’elles ne sont plus en mesure de sécuriser la population », explique-t-il.

Il donne notamment en exemple les feux de forêt de Fort McMuray, en Alberta, et la tempête de neige de Montréal, qui a paralysé l’autoroute 13 l’hiver dernier au Québec, pour illustrer son propos.

Tout en soulignant le caractère « historique » des inondations qui frappent le Texas, M. Audet estime que « le plan d’évacuation de la Ville de Houston n’était pas pensé ».

« On savait depuis au moins une semaine que cette tempête-là allait arriver. On ne connaissait évidemment pas les détails et les impacts météorologiques, mais normalement, il y aurait dû y avoir beaucoup plus de précautions prises, de mise en place d’abris temporaires prépositionnés - au cas où - de stock alimentaire d’urgence et de centres d’accueil. »

Prévoir plutôt que de réagir

Les autorités sont désormais en mode réaction, selon M. Audet, ce qui est beaucoup plus difficile. L’accès aux zones sinistrées est hasardeux et la mise sur pied d’une cellule logistique plus compliquée une fois que la ville se trouve sous l’eau et que la population est mise à la rue.

M. Audet estime que les communautés nord-américaines manquent de préparation en prévision de grandes catastrophes naturelles. Il cite le cas du Japon, souvent frappé par des tremblements de terre, qui prépare sa population en tenant des simulations nationales. « Les enfants à l’école sont déjà préparés à des scénarios particuliers », explique le chercheur.

Il croit qu’une meilleure préparation permettrait de diminuer les impacts négatifs sur les populations.

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