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Il a connu les geôles du régime syrien et de l'État islamique

En cinq ans, Karam Al-Masri a vécu un lot de malheurs dans sa ville natale d'Alep : des séjours dans les prisons du régime syrien et de l'État islamique, la mort de ses parents dans un raid, le siège et les bombardements d'Alep. Le correspondant de l'AFP livre un témoignage « terrible » de son parcours.

Photographe et vidéaste dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie, Karam Al-Masri avait 20 ans quand la révolte contre Bachar Al-Assad a éclaté en 2011. Environ trois mois plus tard, il fut arrêté par le service des renseignements politiques du régime et conduit dans une prison.

« Je suis resté un mois entier en prison, dont une semaine en isolement total dans une cellule d'un mètre carré. C'était pénible », affirme le reporter. 

Libéré à la faveur d'une amnistie, il retourne en prison en novembre 2013 avec deux de ses amis, un ambulancier et un collègue photographe. Mais cette fois-ci, ses geôliers appartiennent au groupe État islamique. « C'était pire que dans les prisons du régime. C'était très, très dur », compare le journaliste de l'AFP.

Si les deux photographes ont échappé à la mort, leur ami secouriste a été moins chanceux.

« Regardez votre ami, c'est ce qui va vous arriver bientôt », raconte le photographe qui attendait chaque jour sa mort.

Après six mois de détention, il recouvre sa liberté à la faveur aussi d'une amnistie. Mais il se rappelle toujours des conditions de son emprisonnement. « Durant les 45 premiers jours, ils nous donnaient un repas tous les trois jours. Le repas consistait en une demi-portion de pain arabe, trois olives ou un œuf », relate-t-il.

Le photographe affirme que c'est dans les prisons du gouvernement qu'il a été le plus torturé parce que les policiers voulaient lui faire parler par la force. C'est à sa sortie de prison qu'il apprit la mort de ses parents.  En 2014, leur immeuble « s'est totalement effondré » après avoir reçu un baril d'explosifs. « Tous les habitants ont péri, dont mes parents », fait-il savoir.

Désespéré, l'homme, qui était aussi étudiant en droit à l'Université d'Alep affirme d'être seul au monde.

Le jeune homme manque aussi de nourriture avec le siège d'Alep par les forces loyalistes de Bachar Al-Assad. « J'ai très faim, cela m'a affaibli », déclare-t-il.

Aujourd'hui, Karam Al-Masri, qui se définitif comme un journaliste honnête et un sympathisant de l'opposition, affirme que les massacres et les bombardements sont devenus habituels pour lui. Tout comme les images des enfants sous les décombres, des blessés, les corps déchiquetés.

Mais le plus difficile pour lui, c'est le fait de ne plus revoir ses parents. Surtout sa mère.

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