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« Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour vivre le rêve américain »

Loin du ton de son discours d'investiture il y a près d'un an déjà, le président Donald Trump a appelé à l'unité des Américains pendant son discours sur l'état de l'Union, mardi soir, avant de durcir le ton sur l'immigration, sur ses rivaux internationaux et surtout sur la « dictature cruelle en Corée du Nord ».

Un texte de Xavier Savard-Fournier

« Ceci est en fait notre nouveau moment américain. Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour vivre le rêve américain », a-t-il lancé en début de discours.

Si le président a principalement parlé de ses bons coups, notamment sa réforme fiscale et les 2,4 millions d’emplois qu’elle aurait créés, il a aussi reconnu que des défaites et des intempéries ont marqué la dernière année. Les Américains ont toutefois pu apercevoir la beauté de l’Amérique à travers ces malheurs, selon lui.

« Chacun de ces tests a forgé de nouveaux héros américains, nous rappelant qui nous sommes et nous montrant ce que nous pouvons être, a dit Donald Trump. Peu importe d’où vous venez, ceci est votre moment. Si vous travaillez fort et que vous croyez en vous-même, si vous croyez en l’Amérique, vous pouvez rêver de tout. »

Ces « nouveaux héros américains », ils les avaient d’ailleurs invités à venir assister à son discours.

Ce sont Jon Bridgers, fondateur de la « Cajun Navy 2016 » qui a aidé à secourir des milliers de gens lors des inondations en Louisiane en 2016 et pendant l’ouragan Harvey au Texas à l'automne dernier, ou encore l’agent CJ Martinez qui, depuis 15 ans, travaille aux enquêtes de sécurité intérieure pour le service de l’immigration et des frontières américaines.

Pour illustrer ses réussites économiques, le président avait aussi invité un duo de travailleurs d’une petite entreprise de l’Ohio qui, grâce à ses réformes, disait-il, ont pu connaître leur meilleure année en près de 20 ans. L’un des deux, Corey Adams, pourra même financer les études de ses filles et s’acheter une première maison, a fait savoir M. Trump.

Au total, une vingtaine de personnes avaient été invitées par la Maison-Blanche.

Donald Trump a également profité de l’occasion pour demander aux démocrates et aux républicains de s’entendre pour qu’un plan sur les infrastructures fiables soit mis en place rapidement, une mesure qu’il chiffre à au moins 1300 milliards de dollars américains.

Dans ce plan, Donald Trump demande à ce que chaque dollar fédéral soit couplé à des contributions des États et du secteur privé. Il espère ainsi construire de nouvelles routes et de nouveaux ponts avec des travailleurs américains.

En plus des questions d'économie et d’infrastructure, Donald Trump a glissé un mot sur le commerce international, soulignant l'existence de « mauvais traités » et la nécessité d'y remédier.

Légiférer sur l’immigration

Le président Trump a également présenté les quatre piliers centraux de son prochain plan pour l’immigration.

Tout d’abord, il veut offrir un cheminement vers la citoyenneté pour les 1,8 million d’immigrants illégaux qui sont venus aux États-Unis à un jeune âge, ceux plus communément appelés « Dreamers ».

Cependant, ce cheminement ne sera offert qu’à ceux qui satisferont les exigences en matière d’éducation, de travail et qui font preuve d’une « bonne moralité ». Il n’a pas expliqué plus en détail ces critères.

Ensuite, il a réitéré son désir de construire un mur à la frontière sud du pays.

Aussi, le président souhaite que ce plan mette fin à la loterie des visas pour « s’orienter vers un système d’immigration fondé sur le mérite ».

Enfin, il compte aussi s'attaquer à la migration en chaîne qui permet à des membres d’une même famille d’être réunis.

Rebâtir l'arsenal nucléaire

Dans son discours sur l'état de l'Union, le président a tenu à passer un message à tous les « régimes voyous », aux groupes terroristes et à ses rivaux comme la Chine et la Russie.

« Face à ces dangers, nous savons que la faiblesse est le chemin le plus sûr vers le conflit, et que la puissance inégalée est le moyen le plus sûr de notre défense », a-t-il lancé.

Pour le président, il y aura peut-être un jour un moment magique où les pays du monde se réuniront pour éliminer leurs armes nucléaires, mais « malheureusement, nous n'en sommes pas encore là ».

Le milliardaire a aussi directement mis en garde le régime nord-coréen, devant le regard des parents d’Otto Warmbier, cet étudiant condamné à 15 ans de prison en Corée du Nord et qui était revenu aux États-Unis en juin dernier « dans un état lamentable ». Il avait perdu la vie quelques jours plus tard.

Selon le président, la poursuite vers l’arsenal nucléaire de Kim Jong-un pourrait, dans un avenir rapproché, menacer les États-Unis et ses alliés.

« Nous menons une campagne de pression maximale pour empêcher que cela ne se produise. Les expériences passées nous ont appris que la complaisance et les concessions n'invitent qu’à l'agressivité et à la provocation. Je ne répéterai pas les erreurs des administrations passées qui nous ont amenés dans cette situation dangereuse. »

En somme, le président américain a réclamé de grandes augmentations budgétaires pour les armées du pays, en plus d'annoncer que la prison de Guantanamo demeurerait ouverte.

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