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Immigration : Trump s'apprêterait à saborder le programme des « Dreamers »

Tout indique que le président américain annoncerait mardi la fin des protections accordées aux « Dreamers », ces clandestins arrivés aux États-Unis avec leurs parents alors qu'ils n'étaient que des enfants. Cette décision serait toutefois assujettie à un délai de six mois.

Les « Dreamers » disposent actuellement de l'équivalent d'un permis de séjour. Renouvelable tous les deux ans, ce permis leur donne la possibilité d'étudier ou de travailler aux États-Unis.

Lors de la campagne électorale, le président Trump s'est engagé à mettre fin au programme Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA), cette structure législative encadrant les « Dreamers », mais a repoussé à maintes reprises sa décision.

Dix États contrôlés par les républicains avaient donné à l'administration Trump jusqu'au 5 septembre pour supprimer DACA, faute de quoi ils lanceraient une procédure contestant la légalité du programme devant la justice fédérale. Le président se voit donc obligé de se prononcer sur l'abolition de ce programme qui protège des milliers de jeunes sans-papiers.

Il offrirait toutefois suffisamment de temps au Congrès pour que les parlementaires décident s'ils se pencheront sur le statut de cette loi créée en 2012 par le président démocrate Barack Obama.

Impossible de savoir, pour l'instant, comment fonctionnerait le délai évoqué par plusieurs médias et sources proches du dossier, et ce qu'il adviendrait des gens disposant actuellement d'un permis de séjour, ou de ceux dont le permis arriverait à échéance durant ce sursis.

Au total, ce ne sont pas moins de 800 000 personnes qui risquent d'être plongées dans les limbes administratifs, voire d'être expulsées du pays. La plupart de ces sans-papiers viennent du Mexique et d'Amérique centrale. La grande majorité vivent maintenant en Californie, au Texas, à New York et en Floride.

Les républicains hésitent

À l'époque, de nombreux républicains s'étaient opposés à cette initiative dans laquelle ils voyaient une « amnistie » injustifiée. Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux mettent en garde contre une suppression pure et simple du programme.

L'un de ceux-ci est Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, qui a fait part de ses réserves quant à une décision unilatérale de M. Trump. « Je ne pense pas qu'il devrait faire cela. Je pense qu'il appartient au Congrès de régler ce problème », a-t-il déclaré sur la chaîne de radio WCLO.

Selon Politico, le secrétaire de la Justice du président, Jeff Sessions, aurait convaincu le président de s'en remettre au Congrès, en lui expliquant que l'immigration relevait du pouvoir législatif, et non pas de la présidence.

Résolument campé à droite, le représentant républicain Steve King fustige de son côté le possible délai de six mois, et appelle plutôt au démantèlement immédiat de DACA, qu'il qualifie d'« anticonstitutionnel ».

« Mettre fin au programme tout de suite nous permettra de restaurer la loi et l'ordre. Retarder le tout pour permettre au leadership républicain d'offrir une amnistie [aux "Dreamers"] est un suicide politique », a-t-il écrit sur Twitter.

Si le Congrès, dirigé par les républicains, est amené à trancher sur le fond, les législateurs devront faire des pieds et des mains pour inscrire le dossier à l'ordre du jour, le programme de la session automnale étant déjà passablement chargé.

La tâche sera d'autant plus difficile pour les républicains puisque leurs adversaires démocrates n'entendent pas les aider à abolir cette initiative.

« Ce sera la plus grande bataille de son administration en matière de droits civiques », a ainsi lancé sur Twitter le sénateur Bob Menendez.

Ce programme jouit d'une forte popularité, notamment auprès des employeurs qui engagent ces jeunes travailleurs. Les patrons de grandes entreprises du pays, dont Amazon, Apple, Facebook, General Motors et Microsoft, ont signé une lettre ouverte soulignant les conséquences économiques de la remise en cause du programme DACA. Ils évoquent des pertes potentielles de 460,3 milliards de dollars pour le PIB américain.

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