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Incendie de Londres : Theresa May fait face à la contestation

Le bilan officiel de l'incendie qui a ravagé cette semaine une tour d'habitation de Londres s'est alourdi samedi à 58 morts ou présumés comme tel tandis que Theresa May, critiquée pour son manque d'empathie, réunissait son gouvernement à Downing Street pour examiner la réponse des autorités à la catastrophe.

S'adressant à la presse, le chef de la police de la capitale britannique, Stuart Cundy, a annoncé samedi en milieu d'après-midi que 58 personnes avaient été tuées ou étaient portées disparues et présumées mortes depuis que le feu a dévasté la Grenfell Tower, tour d'habitation de 24 étages du quartier de Kensington, dans l'ouest de Londres, dans la nuit de mardi à mercredi.

Il a précisé que ce bilan intégrait les 30 décès confirmés à ce jour et a ajouté que le nombre de victimes présumées mortes était encore susceptible de changer. « Malheureusement, à ce point, 58 personnes dont on nous a dit qu'elles se trouvaient dans la Grenfell Tower cette nuit-là sont portées disparues et je dois par conséquent présumer avec tristesse qu'elles sont mortes », a dit le commissaire Cundy.

Si ce bilan est confirmé, la tragédie de la Grenfell Tower deviendra l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu Londres depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Cette tragédie est venue s'ajouter à la vague d'attentats et à la crise politique qui ébranle la Grande-Bretagne, pesant sur l'humeur de la nation, ainsi que l'a souligné samedi matin la reine Elizabeth II lors d'une cérémonie organisée au palais de Buckingham. « Le pays a connu une succession d'horribles tragédies », a-t-elle dit.

La reine a toutefois souligné combien elle avait été surprise, lors de ses récentes visites à des victimes de l'attentat de Manchester ou de l'incendie de Londres, par l'esprit d'entraide et de solidarité de ses compatriotes. « Mis à l'épreuve, le Royaume-Uni s'est montré résolu face à l'adversité », a-t-elle dit.

Colère contre la réponse des autorités

Le drame se double d'une nouvelle controverse politique visant Theresa May, déjà fragilisée au moment d'entamer les négociations du Brexit avec les Européens par la perte de sa majorité absolue à la Chambre des communes à l'issue des législatives anticipées du 8 juin qu'elle avait convoquées dans l'espoir d'obtenir un mandat « fort et stable ».

La première ministre britannique ne s'est rendue que vendredi au chevet des victimes de l'incendie, promettant l'instauration d'un fonds d'aide aux victimes, d'un montant de 5 millions de livres (8,8 millions de dollars canadiens) destiné à l'achat de biens de première nécessité et ajoutant que les familles désormais sans domicile seraient relogées dans un délai de trois semaines.

Mais confrontée à des manifestants en colère, elle a dû être évacuée sous étroite protection policière. Des manifestants en colère ont ensuite pourchassé son véhicule et l'ont violemment apostrophée.

Des habitants de la tour Grenfell lui reprochent d'avoir trop tardé à venir auprès d'eux, mais disent aussi que la tour n'était pas sûre et que les autorités n'ont pas fourni d'informations précises et adéquates à ceux qui ont perdu des proches et tous leurs biens dans l'incendie.

La première ministre a présidé dans l'après-midi une réunion ministérielle d'urgence pour examiner ce qui a été fait par les autorités depuis le drame. Elle a aussi reçu des victimes de l'incendie dans sa résidence officielle de Downing Street. À l'issue de ces entretiens, Theresa May a reconnu que la réaction des autorités n'avait pas été à la hauteur de l'évènement.

« La réponse des services d'urgence, des services de santé et des citoyens a été héroïque », dit-elle dans un communiqué. « Mais, en toute franchise, le soutien apporté aux familles qui avaient besoin d'aide ou d'informations élémentaires pendant les premières heures qui ont suivi ce drame effroyable n'a pas été suffisamment bonne. »

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