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Insurrection en Arménie : réactions positives dans la diaspora au Canada

En Arménie, le chef de l'opposition a demandé à ses partisans de cesser leurs manifestations qui ont paralysé le pays mercredi. Nikol Pachinian estime que tous les partis politiques soutiennent maintenant son élection au poste de premier ministre après que sa candidature eut été rejetée mardi par une majorité de députés. Au Canada, la diaspora arménienne suit de près la situation.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Beaucoup de Torontois d'origine arménienne refusent de prendre parti dans le conflit qui oppose le gouvernement à l'insurrection populaire dans la mère patrie. Tous applaudissent toutefois au fait que les manifestations se sont déroulées sans violence ni effusion de sang.

Certains sentaient néanmoins la grogne depuis quelque temps se manifester dans la vie quotidienne des citoyens. Ils ne se disent donc pas surpris, parce que le peuple en avait ras-le-bol, selon eux.

Les manifestants critiquaient depuis une dizaine de jours les conservateurs au pouvoir pour ne pas avoir tenu leurs promesses de faire reculer la pauvreté et la corruption dans le pays.

Le Comité national arménien du Canada, qui représente quelque 90 000 Arméniens d'origine au pays, a bon espoir que la crise se résoudra de façon pacifique.

Son porte-parole, Vatché Cahamlian, salue cet élan de démocratie. « Il n'y a eu aucune pression qui a forcé les manifestants à prendre la rue... tout le monde respecte les lois et, il faut le souligner, les normes démocratiques sont vraiment respectées, même s'il y a des manifestations », dit-il.

Le Comité ne craint pas par ailleurs que l'Arménie subisse le même sort que l'Ukraine ou la Géorgie même si des inquiétudes demeurent.

« On s'inquiète que la situation ne déstabilise le pays, parce qu'on ne veut pas avoir de conflit armé ou de guerre civile en Arménie, personne ne veut en arriver à ce point-là », poursuit M. Chamlian.

Quelques-uns redoutent toutefois que l'Azerbaïdjan voisin ne profite de l'instabilité dans le pays pour reprendre le contrôle du Nagorny-Karabah, son ancien territoire à majorité arménienne qui a déclaré son indépendance en 1991, mais qui n'est toujours pas reconnue la communauté internationale.

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