Internet et les nouvelles technologies sont de plus en plus présents dans les rues des villes cubaines. Le service est parfois lent et intermittent, mais il est bien meilleur qu'il y a un an et surtout 10 fois plus rapide qu'il y a 3 ans.

Un texte de Martin MovillaTwitterCourriel

Le ton doux de sa voix cache une certaine excitation. Son visage rayonne de bonheur et de joie. Elle doit avoir entre 20 et 25 ans, ses yeux sont très noirs et ses cheveux blonds.

Habillée comme n'importe quelle étudiante de son âge, cellulaire à la main - un grand Androïd, dernière génération - elle annonce à son amoureux qu'elle est enceinte de deux mois. Les cris de joie de son conjoint s'entendent clairement, même s'il est à des milliers de kilomètres de là. Les gens autour d'elle prennent le temps de la féliciter.

La conversation n'est pas privée et elle se déroule dans la rue, à l'un des points de service d'Internet sans fil de La Havane et tout le monde y prend part.

Ces endroits sont « habités » en permanence par des gens qui veulent communiquer avec leur famille à l'étranger ou qui veulent simplement s'informer ou regarder des vidéos en ligne.

À Cuba, on est loin des technologies de transmission et de liaison des pays du Nord. L'embargo américain et l'isolement économique et politique ont ralenti l'évolution technologique cubaine.

Dans ces points Internet, l'ambiance est toujours animée et bruyante. Les gens rient, parlent, pleurent et parfois crient pendant leur communication. Ils utilisent notamment Imo, un système semblable à Skype, qui les relie au reste du monde grâce à leur téléphone dernier cri.

Internet demeure cher 

Changement d'ambiance : nous sommes au troisième étage d'un immeuble d'appartements situé au croisement des deux principales rues de La Havane, 23 et L.

Depuis la fenêtre de notre appartement, nous observons des femmes et des hommes qui font des appels vidéo, échangent des photos, participent aux conversations et discussions de groupe sur WhatsApp ou Imo et racontent leur vie aux amis et membres de la famille en dehors de l'île.

Jour comme nuit, des dizaines de personnes convergent ici pour se connecter à Internet en profitant d'un accès wi-fi situé sur le toit de l'hôtel Habana Libre.

Ce n'est pas le seul du genre, puisque la capitale cubaine a maintenant 17 zones de connexion sans fil et devrait en compter 30 d'ici la fin de l'année. Depuis un an, la compagnie des communications de l'État, ETECSA, a mis en service plusieurs routeurs dans toutes les provinces cubaines.

Cependant, l'accès à Internet sans fil coûte 3 $ US de l'heure, un prix élevé pour ceux et celles qui gagnent le salaire moyen national d'environ 30 $ US par mois. Cela dit, le prix d'aujourd'hui représente la moitié de celui que les Cubains payaient en février 2015, et il devrait encore baisser.

Une connexion Internet à la maison

En mai 2016, les habitants de la vielle Havane auront la chance de participer à un programme d'amplification de la couverture d'Internet, qui permettra à quelques familles cubaines d'avoir le service à la maison. C'est la première fois que les Cubains pourront profiter de ce service dans l'intimité de leur foyer.

Ces connexions seront acheminées par le câble en fibre optique grâce à un accord entre Cuba et la compagnie chinoise Huawei.

Les habitants de l'île s'interrogent quand même sur le prix du service Internet à domicile annoncé il y a quelques semaines par le gouvernement. La première étape sera franchie en 2016.

Une histoire de communications difficiles

Jusqu'en 2013, Cuba accédait à Internet en utilisant trois services de satellite. Les frais à payer pour ce faire rendaient inaccessible Internet pour la majorité de la population. Il n'y avait que les universités, les entreprises ou les organismes d'État et quelques privilégiés, comme les chercheurs, les dirigeants, ou les analystes de ministères notamment, qui pouvaient se brancher sur le net.

En 2012, les Cubains ont vu arriver à la ville de Cienfuegos un câble sous-marin en fibre optique qui devait permettre au pays d'augmenter sa connectivité. Il s'agissait d'un cadeau de l'ex-président vénézuélien Hugo Chavez, qui était à l'époque le principal allié de Cuba dans la région.

Un an plus tard, la plus grande île des Antilles était un peu mieux connectée au reste du monde, mais ce câble n'a pas été suffisant pour répondre à toute la demande, même si le service coûtait 5 pesos cubains convertibles, soit un peu plus de 6 $ US à l'époque.

Pour satisfaire à la demande grandissante, Cuba a commencé à utiliser le câble sous-marin en fibre optique sans arrêter l'utilisation des satellites, et le gouvernement a signé un accord avec la compagnie espagnole Telefonica pour qu'elle se charge de l'acheminement du trafic Internet cubain.

En 2013, la compagnie nationale ETECSA a mis en service 120 salles de navigation et recherche qui ont proposé un accès Internet à plus de 100 000 personnes.

Les États-Unis et le câble sous-marin de Guantanamo

Il y a quatre ans, un officier de la marine américaine a dit au journal Miami Herald qu'un projet était en cours pour connecter la base militaire de Guantanamo avec le continent.

Personne n'a jamais confirmé ni démenti l'information, mais à Cuba comme aux États-Unis, les médias et plusieurs personnes évoquent un câble sous-marin géant qui devrait bientôt relier la base militaire américaine de Guantanamo à Diana Beach, en Floride.

L'acheminement de ce câble en fibre optique coûterait pas loin de 35 millions de dollars et différents analystes s'accordent à dire qu'il serait trop gros pour les besoins de la base uniquement - 6000 personnes y résident en permanence - et que le reste de l'île pourrait en bénéficier.

Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, quand on est proche de la zone américaine, à proximité de la fameuse base militaire, il est indéniable que les cellulaires étrangers ont une très bonne connexion 3G.

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