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Irak : des affrontements sporadiques se poursuivent à Mossoul

Des frappes aériennes, des tirs d'artillerie et d'autres affrontements violents ont ébranlé un petit secteur de l'ouest de Mossoul, mardi, un jour après que le gouvernement eut déclaré victoire contre le groupe armé État islamique (EI) dans la deuxième ville en importance de l'Irak.

Ces événements témoignent de l'instabilité qui prévaut toujours à Mossoul, dont les forces irakiennes assurent avoir repris le contrôle trois ans après qu'elle soit tombée entre les mains de djihadistes déterminés à ériger un califat.

Dans un signal que les combattants de l'EI tenaient le fort dans la vieille ville, des panaches de fumée montaient au ciel au moment où des tirs de mortiers atterrissaient près de postes de soldats irakiens et de lourds échanges de tirs étaient entendus.

Le lieutenant-général Stephen Townsend, le plus haut commandant américain en Irak, a affirmé que la coalition continuera d'appuyer ses partenaires irakiens et les a incités à s'unir afin d'éviter de créer le même contexte qui avait permis aux extrémistes de faire des avancées.

Le groupe de défense des droits de la personne Amnistie internationale prévient par ailleurs dans un rapport dévoilé mardi que la campagne à Mossoul est à l'origine d'une « catastrophe civile » pendant laquelle les islamistes ont chassé des gens de chez eux, procédé à des exécutions sommaires et utilisé des civils comme boucliers humains.

Le rapport détaille aussi les dérapages des forces irakiennes et de la coalition américaine.

Le document porte sur les cinq premiers mois de l'année. On y lit que les djihadistes ont forcé des civils à se déplacer avec eux, les empêchant de fuir et créant des champs de bataille densément peuplés de civils. Les forces irakiennes et de la coalition américaines auraient ensuite été incapables de s'adapter à la situation et « auraient continué à utiliser des armes explosives imprécises qui touchaient de larges secteurs dans des environnements urbains densément peuplés ».

Amnistie internationale prévient que certains de ces gestes constituent possiblement des crimes de guerre.

Selon Amnistie, plus de 5800 non-combattants ont été tués dans la partie ouest de la ville. Le plus haut commandant américain en Irak a rejeté les allégations du groupe selon lesquelles la coalition dirigée par les États-Unis a violé le droit international.

Le sort incertain du chef de l'EI

Le lieutenant-général Stephen Townsend dit ne pas savoir si Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe armé État islamique, est mort ou vivant.

Des nouvelles contradictoires se succèdent depuis quelques semaines à propos de Abou Bakr al-Baghdadi. En mai, les Russes avaient déclaré qu'il était « hautement probable » que le dirigeant ait été tué dans des frappes aériennes menées au sud de Raqqa.

Mardi, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) – un groupe de militants – a annoncé avoir recueilli des « informations crédibles » selon lesquelles Abou Bakr al-Baghdadi serait mort dans les trois derniers mois à Deir Ezzor, une ville de la Syrie près de la frontière irakienne. Les sources de l'OSDH n'ont pas confirmé ce qui serait à l'origine de sa mort.

« Je crois que ce n'est probablement pas vraiment important. Si personne ne sait s'il est vivant ou mort, quelqu'un guide l'EI », a soutenu le lieutenant-général Townsend.

« Et ce qu'on a vu avec tous ces dirigeants, on les élimine, et quelqu'un prend leur place », a-t-il ajouté.

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