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Israël concrétise sa promesse d'expulser Al-Jazira

Le ministère israélien des Communications a expliqué comme il comptait fermer le bureau de Jérusalem de la chaîne d'information Al-Jazira, accusée par l'État hébreu d'inciter à la violence autour des lieux saints. Il souhaite aussi en empêcher la diffusion au maximum.

Le ministère va d'abord demander l'annulation des accréditations des journalistes ainsi qu'un arrêt des liaisons par câble et satellite de la chaîne, a-t-il précisé dans un communiqué.

« Ces derniers temps, presque tous les pays de la région, notamment l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Jordanie sont parvenus à la conclusion qu'Al-Jazira incite au terrorisme et à l'extrémisme religieux, a déclaré par écrit le ministre Ayoub Kara. Il était aberrant dans ces conditions que cette chaîne continue à émettre. »

Les autorités israéliennes vont aussi tenter de limiter les capacités de transmission de la chaîne par des liaisons satellitaires « ouvertes qui permettent à la majorité des téléspectateurs de la communauté arabe israélienne d'avoir accès [à Al-Jazira] », est-il indiqué, sans plus de détails.

Enfin, une procédure sera engagée par le ministre de la Sécurité intérieure en vue de fermer les bureaux de la chaîne à Jérusalem-Ouest.

Israël accuse depuis des années la chaîne basée au Qatar d'être partiale dans sa couverture du conflit qui l'oppose aux Palestiniens.

En voulant stopper sa diffusion, l'État hébreu rejoint l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte, qui ont rompu le 5 juin tous leurs liens diplomatiques avec le Qatar en l'accusant de soutenir le terrorisme. La fermeture d'Al-Jazira est une de leurs conditions pour normaliser leurs relations avec le petit État.

La réplique d'Al-Jazira

La chaîne a rapidement dénoncé la décision du gouvernement israélien.

« Nétanyahou veut détourner l'attention de toutes les affaires [de corruption dans lesquelles il est impliqué] », a commenté le chef du bureau de la chaîne à Jérusalem, Waleed Al-Omari, précisant n'avoir reçu « aucune notification officielle » autre que les déclarations publiques du ministre.

Un responsable d'Al-Jazira a également déclaré sous le sceau de l'anonymat que la chaîne allait contester cette mesure en justice.

Du côté des journalistes postés en Israël, certains disent n'appréhender aucune mesure imminente contre eux.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait annoncé à la fin juillet son intention d'expulser Al-Jazira par tous les moyens nécessaires.

« J’ai demandé plusieurs fois aux agences chargées de l'application de la loi de fermer leur bureau à Jérusalem. Si cela n'est pas possible pour des raisons d'interprétation de la loi, je vais chercher à faire adopter la loi nécessaire pour expulser Al-Jazira d'Israël », avait-il déclaré.

Cette nouvelle annonce survient après deux semaines de reportages quasi quotidiens d'Al-Jazira sur la crise entourant l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée par Israël.

L'installation sur l'esplanade d'un nouveau dispositif de surveillance par l'État hébreu avait provoqué la colère des Palestiniens, donnant lieu à des affrontements d'une violence sans précédent depuis plusieurs années.

Les fortes pressions de la communauté internationale pour éviter une escalade de la violence avaient incité Israël à revenir sur sa décision et à retirer les détecteurs de métaux, pour les remplacer par des dispositifs plus discrets.

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