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Israël dit détenir des preuves des « mensonges » de l'Iran sur ses activités nucléaires

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou affirme que son gouvernement a mis la main sur des dizaines de milliers de documents prouvant selon lui que l'Iran continue de mener un programme secret pour se doter de l'arme nucléaire.

Dans une déclaration faite devant la presse lundi, il a présenté plusieurs extraits de ces documents qui auraient été entreposés dans un site de Téhéran. Il soutient que le renseignement israélien y a eu accès « il y a quelques semaines ».

M. Nétanyahou dit avoir partagé ces documents avec les États-Unis et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a le mandat de s’assurer que la République islamique respecte les termes de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à l’été 2015.

La sortie de M. Nétanyahou survient au moment où le président américain Donald Trump s’apprête à décider s’il se retire de cet accord, comme il menace régulièrement de le faire. Depuis sa campagne de 2016, M. Trump n’a jamais caché son dédain pour cet accord.

Interrogé à ce sujet lundi, Donald Trump n'a exclu aucune possibilité, que ce soit de se retirer de l'accord ou de le renégocier. « Nous verrons ce qu'il va se passer », a-t-il affirmé en conférence de presse.

Selon Benyamin Nétanyahou, les documents obtenus par les services de renseignements montrent :

  • que tous les leaders iraniens qui ont dit que l’Iran n’avait jamais cherché à se doter d’une arme nucléaire, dont l’ayatollah Ali Khamenei et le président Hassan Rohani, ont menti;
  • que l’Iran s’est assuré de préserver son savoir-faire en matière nucléaire après la conclusion de l’accord de 2015, et a même voulu l’approfondir;
  • que l’Iran a menti à l’AIEA sur divers sujets reliés à ses activités nucléaires.

« L’accord sur le nucléaire iranien est basé sur des mensonges, sur des mensonges iraniens, des tromperies iraniennes », a conclu le premier ministre Nétanyahou au terme de sa présentation.

L’accord offre à l’Iran un « chemin clair » vers la construction d’un arsenal nucléaire, a-t-il ajouté, avant de se dire convaincu que le président Trump prendra la bonne décision « pour les États-Unis, pour Israël et pour la paix du monde ».

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont tous deux tenté, la semaine dernière, de convaincre le président Trump de ne pas déchirer l'accord avec l'Iran, mais plutôt de l'améliorer.

Le président des États-Unis devrait faire connaître sa décision d'ici au 12 mai.

L'Iran minimise les déclarations de Nétanyahou

Il n'y a pas eu de réponse immédiate de l'Iran, qui a déjà catégoriquement affirmé qu'elle n'avait jamais cherché à se doter d'armes nucléaires. L'agence de presse semi-officielle iranienne Fars, considérée comme proche de la ligne dure des Gardiens de la Révolution, a rejeté le discours de M. Nétanyahou comme un « spectacle de propagande ».

Avant la présentation du premier ministre israélien, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s'est moqué du dirigeant israélien en publiant sur Twitter une photo du célèbre discours de M. Nétanyahou à l'ONU en 2012, dans lequel il avait utilisé le dessin d'une bombe pour mettre le monde en garde contre le programme nucléaire iranien.

« Le garçon qui ne peut pas s'arrêter de crier au loup s'y remet, a écrit M. Zarif. [Il] ne se laisse pas décourager par le fiasco des dessins à l'Assemblée générale des Nations unies. On ne peut tromper une partie des gens que tant de fois. »

Du côté des États-Unis, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a qualifié d'« authentiques » les documents présentés par Israël, sans pour autant dire si ces documents apportaient la preuve que Téhéran avait violé l'accord signé en juillet 2015 avec la communauté internationale. M. Pompeo a ajouté que les États-Unis allaient oeuvrer pour « réparer » cet accord sur le programme nucléaire iranien.

Le président Donald Trump a dit, lundi, qu’il ne pense pas qu'un retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien aurait des conséquences négatives sur les projets de discussions avec la Corée du Nord sur son programme nucléaire.

Prié de dire lors d'une conférence de presse ce qu'un retrait américain de l'accord de 2015 aurait comme conséquence sur l'initiative diplomatique en cours avec Pyongyang, il a répondu : « Je pense que ça enverrait le bon message. »

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