Le président sortant de la Gambie, Yahya Jammeh, a annoncé qu'il a décidé de céder le pouvoir, après des heures de négociations avec les dirigeants de la région, qui menaçaient de le déloger par la force.

« Je crois que ce n'est pas nécessaire qu'une seule goutte de sang soit déversée », a dit M. Jammeh lors d'une brève déclaration à la télévision d'État.

M. Jammeh refusait jusque-là de reconnaître la victoire de son adversaire, Adama Barrow, qui a été assermenté la veille à l'ambassade gambienne au Sénégal.

Impossible de savoir pour l'instant à quel moment le nouveau président retournera dans son pays.

Adama Barrow s'est réjoui que « le règne de la peur » prenne fin.

Peu de temps avant l'annonce du président sortant, le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, a dit aux journalistes qu'un accord était intervenu et que Yahya Jammeh quitterait le pays.

Lui et son homologue de la Guinée, Alpha Condé, ont piloté les pourparlers.

Un responsable bien au fait de la situation a dit que M. Jammeh s'en ira d'ici trois jours, possiblement avec le président guinéen.

L'ultimatum lancé à M. Jammeh venait à échéance vendredi midi. Il s'agissait de la plus récente initiative diplomatique visant à le déloger, après quoi la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) risquait de mettre à exécution sa menace d'intervention militaire, approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Craignant une flambée de violence, quelque 45 000 Gambiens ont fui vers le Sénégal, rapporte l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Des forces de la CEDEAO sont entrées jeudi en Gambie sans rencontrer la moindre résistance, a indiqué le président de l'organisation, Marcel Alain de Souza. Une vingtaine de véhicules militaires ont été aperçus au poste frontalier de Karang vendredi matin, où ils semblaient attendre des ordres.

La force régionale est composée d'éléments provenant du Sénégal, du Ghana, du Nigeria, du Togo et du Mali.

M. Jammeh réclame notamment l'amnistie pour tout crime qu'il pourrait avoir commis pendant ses 22 années à la tête de la Gambie. Il souhaiterait aussi rester au pays, dans son village natal de Kanilai, selon M. de Souza, qui a précisé que ces demandes sont inacceptables.

M. Jammeh a pris le pouvoir lors d'un coup d'État en 1994. Il est accusé de multiples violations des droits de la personne dans ce petit pays d'environ 1,9 million d'habitants. Il prétend que le scrutin présidentiel de décembre a été entaché d'irrégularités.

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