Un peu plus de cinq mois après la reconnaissance officielle par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël, les Américains y inaugurent leur nouvelle ambassade, auparavant située à Tel-Aviv, comme toutes les autres ambassades étrangères. La décision des États-Unis a semé la colère dans les pays arabes et mené à une condamnation internationale généralisée. Mais pourquoi une telle levée de boucliers?

Parce que Jérusalem a une valeur de symbole fondamental pour les Palestiniens sur le plan politique, ainsi que pour les musulmans sur le plan religieux, et que cette reconnaissance des États-Unis donne peu d’espoir pour une solution de paix à deux États pour la région, les Palestiniens réclamant eux aussi Jérusalem comme capitale pour leur propre État.

Il faut en fait retourner 70 ans en arrière, lors du plan de partition de la région décidé par l’ONU, pour comprendre pourquoi Jérusalem est si importante pour les Palestiniens.

En 1947, tout de suite après la Deuxième Guerre mondiale, le territoire est contrôlé par le Royaume-Uni, qui veut s'en retirer. L’ONU adopte alors un plan pour permettre la création d’un État juif et d’un État arabe, et fait de Jérusalem une enclave qu’elle administre et qui possède un statut international.

La Ligue arabe se prononce contre ce plan, et une guerre civile enflamme les populations juives et arabes du territoire.

L’État d’Israël est tout de même proclamé le 14 mai 1948. S’ensuit alors une guerre entre le nouveau pays et ses voisins arabes, la guerre israélo-arabe de 1948-1949, à la suite de laquelle Jérusalem est séparée en deux : l’ouest de la ville est mis sous le contrôle d’Israël et l’est sous celui de la Jordanie voisine.

Cet état de fait fonctionne pendant près de 20 ans, jusqu’à la guerre des Six Jours de juin 1967 entre Israël et ses voisins arabes, qui permet à l'État hébreu d'étendre son contrôle dans la bande de Gaza, sous administration égyptienne, la Cisjordanie ainsi que Jérusalem-Est.

L’ONU qualifie ces zones de « territoires palestiniens occupés ». En 2005, Israël a retiré ses dernières troupes de la bande de Gaza, mais a gardé le contrôle de l’espace aérien, du front de mer ainsi que de presque toutes les allées et venues dans la région, exception faite de la frontière du territoire avec l’Égypte incluant le passage de Rafah, qui demeure sous l’autorité du Caire.

En 1980, les dirigeants israéliens ont annoncé officiellement la « réunification » de Jérusalem, la proclamant « Capitale éternelle et indivisible d'Israël et du peuple juif ». Cette déclaration avait été rapidement déclarée « nulle et non avenue » par l’ONU.

Après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les États-Unis en décembre, l’inauguration de leur nouvelle ambassade lundi suscite également une vague de condamnation au sein de la communauté internationale.

La France, notamment, estime que le transfert de l'ambassade américaine en Israël « contrevient au droit international », selon les mots du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

La ville des trois grandes religions

En 1947, lors de la mise en place de son plan de partage, l’ONU avait décidé de donner à Jérusalem un statut spécial pour « préserver les intérêts spirituels et religieux qu'abrite la ville des trois grandes croyances monothéistes [...], le christianisme, le judaïsme et l’islam ».

La ville contient en effet de nombreux lieux de pèlerinage pour les croyants de ces trois religions.

Elle est considérée comme « le troisième lieu saint de l’islam », et les musulmans s’y retrouvent pour aller prier sur l’esplanade des Mosquées.

Les Juifs, quant à eux, se retrouvent en prière devant le mur des Lamentations, situé à Jérusalem-Est, une chose qu’ils n’ont toutefois pas pu faire pendant de nombreuses années. En effet, de la prise de contrôle de Jérusalem-Est par la Jordanie en 1949 jusqu’à celle par Israël en 1967, aucun juif n’avait pu pénétrer dans la zone.

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