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Jolly Bimbachi, une Canadienne détenue en Syrie, rentre au Canada

Jolly Bimbachi et son conjoint Sean Moore, de Chatham-Kent en Ontario, sont revenus au Canada jeudi matin après avoir été détenus en Syrie par un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda.

Des larmes ont commencé à couler presque aussitôt que Jolly Bimbachi est sortie d'un ascenseur de l'aéroport pour embrasser sa fille de 18 ans.

« Tu sens comme la Syrie », a alors dit Rayenne Annous, sa fille, en se blottissant contre sa mère. « Je suis tellement soulagée. »

Mme Bimbachi, 41 ans, est de retour au pays après avoir tenté en vain de ramener ses deux autres enfants au Canada.

La femme de Chatham était partie au Liban le 18 novembre pour ramener ses fils Omar Ahmad, âgé de 8 ans, et Abdal-Geniy Ahmad, 7 ans. Son ex-mari, Ali Ahmad, avait gardé les enfants alors qu'il devait les renvoyer au Canada après une visite en novembre 2015.

« J'ai essayé plusieurs choses afin de ramener mes enfants, avec des avocats, les médias, des recours légaux, mais je n'y arrivais pas et ça prenait trop de temps », raconte Mme Bimbachi.

La femme a réussi à rejoindre ses fils au Liban, mais n'a pas pu les emmener au Canada puisqu'elle et son conjoint ont été détenus par un groupe affilié à Al-Qaïda en Syrie.

Ils essayaient de faire passer les enfants par le pays en guerre pour les amener en Turquie. Mme Bimbachi et M. Moore ont finalement été libérés et sont retournés au Canada.

Les enfants, eux, ont été renvoyés à leur père au Liban.

« Ils étaient un peu tristes, mais ils vont bien », a indiqué Mme Bimbachi aux journalistes rassemblés à l'aéroport d'Ottawa jeudi matin.

Espoir pour un changement de la loi

Bien qu'elle ait été témoin d'horribles bombardements alors qu'elle était captive en Syrie, Mme Bimbachi dit qu'elle recommencerait si cela lui permettait de revoir ses enfants.

« Je n'ai pas de regrets. J'ai fait ce que j'avais à faire », soutient-elle.

Jolly Bimbachi espère obtenir une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, afin de lui faire réaliser à quel point les batailles juridiques internationales pour la garde d'enfants sont complexes, particulièrement celles impliquant des pays du Moyen-Orient.

« C'est la pire douleur pour une mère ou un père. À un certain point, juste avant que j'aille voir les garçons, ils croyaient que je ne les aimais plus », explique-t-elle.

Pour l'instant, Mme Bimbachi commencera par prendre un bain chaud et passer du temps avec sa famille canadienne. Elle veut ensuite militer pour l'amélioration de lois.

« Je n'abandonne pas, je veux ravoir mes garçons. »

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