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Journée Martin Luther King : la ségrégation raciale expliquée par René Lévesque

Chaque troisième lundi du mois de janvier, on célèbre à travers le monde la Journée Martin Luther King. Une façon de souligner la lutte du pasteur américain pour la reconnaissance des droits des Noirs. De nos archives, voyez l'histoire du ségrégationnisme exposée par le journaliste René Lévesque.

En 1960, aux États-Unis, le mouvement des droits civiques est en pleine ébullition. Les campagnes de protestation et de résistance passive se multiplient pour dénoncer la ségrégation raciale. Des jeunes, blancs et noirs, entreprendront sous peu les « Voyages de la liberté » ou « Freedom rides » pour défier les ségrégationnistes dans le sud des États-Unis.

C’est dans ce contexte que, le 24 avril 1960, le journaliste René Lévesque dresse l’histoire de « l’homme noir ». Diffusé dans le cadre de l’émission Premier plan, son exposé captive et nous plonge entièrement cette période effervescente. Il nous démontre toute l’ampleur et la complexité de cette lutte pour l’égalité raciale. Il le fait aussi suivant une manière et un vocabulaire représentatifs de l’époque, qui peuvent surprendre aujourd’hui.

Pour bien expliquer l’émergence du mouvement des droits civiques, René Lévesque remonte à l’histoire de la traite des Noirs. À l’aide de cartes géographiques – qui sont devenues sa signature – il illustre de quelle façon les colonies ont importé des esclaves en Amérique. Une opération qui a duré plus de 300 ans.

Après avoir décrit l’exploitation du continent africain par les colonisateurs européens, le journaliste s’attarde longuement à la genèse d’états indépendants sur ce territoire. Aux Nations unies, le bloc africain mène une campagne pour l’autonomie des pays encore sous le contrôle de minorités blanches. Le délégué de la Guinée à l’ONU se dit très optimiste. « Nous donnons l’année 1963 pour que toute l’Afrique soit indépendante », affirme-t-il. L’Afrique du Sud, sous le régime d’apartheid, est alors à feu et à sang.

Le journaliste termine son récit en exposant la ségrégation raciale qui sévit encore aux États-Unis. Il dénonce la doctrine « Separate, but equal » qui a permis aux sudistes blancs de rétablir « officieusement » l’esclavage, pourtant aboli 100 ans plus tôt. Puis, il décrit le mouvement de résistance passive qui se met en place « sous la conduite d’un homme nouveau, le pasteur King ».

L’émission se termine sur cette note, prédisant dans un avenir proche des événements encore plus marquants pour les droits civiques des Afro-Américains.

C’est le 28 août 1963 que le Martin Luther King prononce à Washington son discours I have a dream. L’année suivante, il reçoit le prix Nobel de la paix. En 1964, le gouvernement américain promulgue aussi le Civil Rights Acts, la loi abolissant officiellement la ségrégation aux États-Unis. Le combat pour l’égalité raciale n’est pas terminé pour autant. Martin Luther King est assassiné le 4 avril 1968, à Memphis, au Tennessee, alors qu’il est venu soutenir des éboueurs grévistes.

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