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L'accord de Singapour suscite un enthousiasme prudent

L'entente sur une dénucléarisation de la péninsule coréenne signée par le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Singapour est accueillie favorablement sur la scène internationale, mais la route vers un règlement définitif s'annonce longue et parsemée d'embûches.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a salué l'entente comme un « événement historique ayant mis fin à la guerre froide » qui sévit entre le nord et le sud de la péninsule depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953.

Il a salué le courage et la résolution dont ont fait preuve Kim Jong-un et Donald Trump lors du sommet.

Son porte-parole a cependant demandé des précisions sur l'arrêt des manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis et la Corée du Sud promis par le président Trump au leader nord-coréen, en guise de bonne volonté.

« Nous devons établir le sens précis ou les intentions contenues dans les remarques du président Trump », a déclaré le porte-parole de présidence sud-coréenne.

Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, dont le pays est à portée de tir des missiles nord-coréens, s'est pour sa part félicité de voir confirmée par écrit l'intention du président Kim Jong-un de s'engager dans la voie de la dénucléarisation.

« Je soutiens ce premier pas vers une résolution d'ensemble des questions concernant la Corée du Nord », a déclaré M. Abe à Tokyo devant la presse.

La Russie, un important acteur dans la région, a elle aussi tracé un bilan positif de l’entente.

« Nous n'avons pas vu les documents, je crois qu'ils ne sont pas encore publiés. Mais le seul fait que cette rencontre ait eu lieu est bien sûr positif », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Tout comme la Chine, la Russie préconise un dialogue avec la Corée du Nord sur la base d'une feuille de route qui implique l'arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens, d'une part, et celui des manœuvres militaires communes des États-Unis et de la Corée du Sud, d'autre part.

Un pas vers la paix et la stabilité, dit Freeland

De son côté, le Canada accueille favorablement le dialogue qui a été établi entre les dirigeants américain et nord-coréen à Singapour.

« Cette rencontre représente un pas important vers la paix et la stabilité sur la péninsule coréenne », a indiqué la ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, dans une déclaration écrite.

La ministre Freeland ajoute que le Canada appuie la poursuite d’un dialogue qui mènera vers un « démantèlement complet, vérifiable et irréversible des armes de destruction massive et des programmes de missiles balistiques ».

Quant aux sanctions internationales imposées au régime nord-coréen, « elles doivent rester en place jusqu’à ce que Pyongyang change de cap », estime Chrystia Freeland.

Pékin plaide pour un allègement des sanctions

La Chine s’est pour sa part réjouie de ce rapprochement entre les deux anciens ennemis « que nous avons espéré et pour lequel nous avons travaillé ».

Et si elle plaide aussi pour que le tout débouche sur une « dénucléarisation totale » de la péninsule, elle souhaite du même souffle que l’ONU réagisse à cette nouvelle donne en allégeant les sanctions imposées à la Corée du Nord.

« Les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU disent que si la Corée du Nord respecte et agit conformément à ces résolutions, alors des ajustements peuvent être apportés, y compris une suspension ou un retrait des sanctions concernées », a-t-elle rappelé.

Le président américain a cependant lié un tel allègement à la façon dont évolueraient les négociations.

La Chine avait appliqué ces dernières années les sanctions internationales pour convaincre son allié d'abandonner son programme nucléaire.

Mise en garde de l’Iran

Un porte-parole du gouvernement iranien a mis en garde le dirigeant nord-coréen en disant que le président Trump pourrait annuler tout accord nucléaire avec la Corée du Nord, à l'image du traitement qu'il a réservé à l'accord sur le nucléaire iranien.

Selon l'agence de presse iranienne semi-officielle Fars, Mohammad Bagher Nobakht a déclaré mardi : « Nous avons affaire à un homme [Donald Trump] qui peut renier sa signature quand il part ».

La ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, n'a d'ailleurs pas manqué de critiquer le double standard appliqué par Washington, alors que l'Europe multiplie les actions pour sauver l'accord avec l'Iran.

« Signer un document avec Kim Jong-un, qui est allé jusqu'à obtenir l'arme nucléaire, c'est pratiquement récompenser quelqu'un qui a été à l'encontre de tous les traités internationaux », a-t-elle affirmé, alors que l'accord nucléaire conclu avec Téhéran, dénoncé récemment par les États-Unis, est « respecté par l'Iran », selon Paris et l'Union européenne.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a fait part de sa disponibilité pour mener des vérifications si Washington et Pyongyang le demandaient.

Le sommet de Singapour est « une étape capitale et nécessaire » vers une dénucléarisation, a affirmé de son côté la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Elle a cependant précisé que « l'objectif ultime demeure la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne qui peut être atteint ».

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