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L'administration Trump coupe les fonds aux cliniques qui parlent d'avortement

Le ministère américain de la Santé et des Services sociaux doit annoncer vendredi une nouvelle politique qui pourrait priver les cliniques de planification familiale de fonds du gouvernement fédéral si elles prodiguent des conseils sur la procédure d'avortement.

Ces cliniques feront les frais d’une règle de l'ère de l'ancien président américain Ronald Reagan, qui interdit aux cliniques de planification familiale financées par le gouvernement fédéral toute discussion d'avortement avec les femmes qui les fréquentent, a indiqué un haut fonctionnaire de la Maison-Blanche à l'Associated Press.

Les partisans de l’avortement estiment que l'adoption de cette nouvelle politique pourrait mener à des poursuites judiciaires, ravivant ainsi le débat sur l'avortement avant les élections de mi-mandat.

Dans les faits, cette règle de l'ère Reagan n'est jamais entrée en vigueur telle qu'elle a été rédigée, malgré le jugement de la Cour suprême, qui y voit « une utilisation appropriée du pouvoir exécutif ».

À l’arrivée du président démocrate Bill Clinton à la Maison-Blanche, en 1993, elle a été annulée et remplacée par une nouvelle règle évoquant des conseils « non directifs » pour permettre aux cliniques de planification familiale d'aborder le sujet de la procédure d'avortement.

L'administration Trump n'en n'est pas à sa première décision pro-vie. En avril 2017, la Maison-Blanche avait autorisé l'entrée en vigueur d'une loi permettant aux États d'interdire à leur bon vouloir le transfert d'argent public à toute clinique qui pratiquerait des avortements.

Depuis son élection, Donald Trump a aussi fait passer une autre loi en ce sens, en signant un décret pour bloquer le financement d'ONG qui soutiennent l'avortement à l'étranger.

Une question de dignité

Des médecins s’opposent à la politique de l’administration Trump et rappellent que l'avortement est une procédure médicale légale. Ils considèrent que l'interdiction de conseiller les femmes à ce sujet vient empiéter sur la relation entre le médecin et sa patiente.

La vice-présidente de l'Association nationale de planification familiale, Jessica Marcella, met aussi en garde contre la séparation physique entre ces cliniques et les établissements où l'avortement est pratiqué. Cette distance vient perturber les services offerts aux femmes dans tout le pays, dit-elle.

Actuellement, les fonds fédéraux de planification familiale ne peuvent pas être utilisés pour financer les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Les opposants à l'avortement affirment qu'il ne revient pas aux contribuables de payer pour cette procédure, qui vient d'être interdite dans l'État de l'Iowa. À ce jour, il s'agit de la loi la plus contraignante du pays en matière d'avortement : le texte interdit qui interdit l’avortement dès que les battements du cœur du fœtus sont détectés.

Les opposants à l'avortement ont par ailleurs lancé une pétition pour inciter les élus du Congrès à soutenir la proposition de l'administration Trump.

Quatre millions de femmes bénéficient du programme national de planification familiale chaque année aux États-Unis. Il en coûte 260 millions de dollars aux contribuables.

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